esgourde

date : 1867 registre ancien : 10 registre moderne : 8 fréquence : 66

esgourde

& esgourdes (pl.) ; à l'esgourde ; (esgourne ; escourge ; esbourde)

n.f.

Oreille, oreilles ; à l'oreille ALL : Ohr / ANG : ear ; ears / IT : orrecchio

Synonyme : oreille

Morphologie : c/g, d/n

Usage : anatomie

1956 Un de ces quatre, il va lui tomber une tuile mastarde sur les esgourdes 1956. M'as-tu vu en cadavre ? 1872 Il faut lui bonir à l'esgourde qu'il est filé. 1872. Dictionnaire d'argot ou de jargue (5) 1905 Et je parierais que le Corse a l'oreille aplatie sur la cloison comme une escalope 1905. Le Tigre & Coqueliquot 1911 Je baissais le citron sans trouver un mot et les esgourdes me bourdonnaient comme une ruche. 1911. Le journal à Nénesse 1953 La musique à la con m'empêche d'en dire plus. Le bando remet ça aussi sec, accompagnant le chanteur qui nous redéverse son roman d'amour dans les esgourdes. 1953. Alors, pommadé, tu jactes ? <5 citation(s)>

ESGOURDE, subst. fém. Arg., gén. au plur. Oreille. Ouvre tes esgourdes. Ne t'inquiète pas, je vais ouvrir les yeux, les esgourdes et tout le bazar (GIONO, Bonh. fou, 1957, p. 380) : Mais ta blessure, mon vieux frère? C'est aux oreilles. Une marmite et un macavoué, mon ieux qui a pété comme qui dirait là. Ma tête a passé, j'peux dire, entre les éclats, mais tout juste, rasibus, et les esgourdes ont pris. BARBUSSE, Feu, 1916, p. 62. [Sur le modèle du proverbe : Ventre affamé n'a pas d'oreilles]. Bide affamé n'a pas d'esgourdes (STOLLÉ, Douze récits hist., 1947, p. 9). Rem. 1. Attesté ds Nouv. Lar. ill.-Lar. Lang. fr., QUILLET 1965, DUB., ROB. Suppl. 1970. Le sing. est attesté gén. ds des expr. figées : le fond de mon esgourde (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 40), glisser dans l'esgourde (TRIGNOL, Pantruche, 1946, p. 93), sussurrer dans l'esgourde (ID., ibid., p. 29), débrider l'esgourde « écouter » (RIGAUD, Dict. jargon paris., 1878, p. 137). 2. Le verbe correspondant est esgourder : « Esgourde » = oreille, comme « esgourder » = écouter, sont jargonesques (DUSSORT, Preuves exist., 1927, p. 103). Prononc. : [] Étymol. et Hist. 1867 (DELVAU, s.v. feuille de chou). Orig. obsc. (FEW t. 21, p. 299b); les rapprochements faits par SAIN. Lang. par., 504, ESN., DAUZAT Ling. fr., 287 ne sont pas convaincants; le rapport avec esgourne (1833, MOREAU-CHRISTOPHE, Arg. d'apr. ESN.) est également obscur. Fréq. abs. littér. : 6. Bbg. CHAUTARD (É.). La Vie étrange de l'arg. Paris, 1931 p. 303. SAIN. Arg. 1972 [1907], p. 135. (tlfi:esgourde) /

De gourde creuse (cornet auditif ?) (AYN) / Altér., d'après gourde, dégourdi, de escoute (1725), provençal escouto « écoute » (GR) / Orig. obsc. (FEW t. 21, p. 299b) ; les rapprochements faits par SAIN. Lang. par., 504, ESN., DAUZAT Ling. fr., 287 ne sont pas convaincants ; le rapport avec esgourne (1833, MOREAU-CHRISTOPHE, Arg. d'apr. ESN.) est également obscur (TLFi) / Provençal escouta rapproché de gourde (FrançoisPléiade) / de l'argot des malfaiteurs, passé dans la LP (Dauzat1918) / Argot parisien courant d'avant-guerre (Dauzat1918voc) /

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