métèque

date : 1894 registre moderne : 6 fréquence : 26

métèque

n.

■ Étranger ou d'origine, d'apparence étrangère ; ■ (spécialement) étranger (bronzé ou juif ou slave ou riche ou gigolo) ; tricheur exotique, personne exotique d'une richesse plus ou moins équivoque (jeu, affaires, showbiz, etc.) ; ■ insulte raciste, terme hostile ; Corse (méridional)

Synonyme : insulte, étranger

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1965 Je suis un Polak de Béthune. Rien de bizarre, mon père a été importé en 1920, quand les Français se sont trouvés trop cossards pour descendre au fond des mines et qu'il a fallu embaucher en Pologne des métèques de bonne volonté. Mon père, c'était le pauvre mec, mais moi, pas fou, en sortant de l'école je me suis mis aide-comptable. J'ai mon brevet, et vous ne pourriez pas en dire autant, vous, les Gaulois !… 1965. La débâcle
1965 Craignant que le 46e ne me fournisse jamais l'occasion d'accomplir une action d'éclat, je sollicite et j'obtiens la faveur d'être muté au 22e Étranger ! Entièrement formé de métèques, sauf quelques rares Français amateurs de baroud, comme moi. Ils sont tous là, ceux que les patriotes-comme-il-faut appellent l'écume de l'Europe : la canaille rouge, les échappés de ghetto, les déterreurs de carmélites, la pègre internationale… Les métèques, en un mot. 1965. La débâcle
1954 Même que le gniard avait un drôle d'accent… encore un métèque, pour sûr ! et il avait une tronche à faire pâlir un clébard ! 1954. René la Brème perd la tête
1954 Je comprends le coup du nom : Pedro Conchez ! D'ailleurs, il est certainement métèque. 1954. René la Brème perd la tête
1958 –Il y a quand même étranger et étranger, observe Octavie. Il ne faut pas mélanger les torchons avec les serviettes. –C'est juste, et je m'entends. […] Quand je dis étranger, c'est des métèques que je veux parler. De ceux qui ne sont pas fichus de parler notre langue sans mâcher des cailloux et qui viennent chez nous dans l'intention de nous apprendre à vivre. Ceux-là, pas d'histoire : du balai ! 1958. Chandeleur l'artiste
1946 D'impeccables métèques au teint vert, aux épaules de veston en pagode chinois, aux cheveux lustrés, côtoient des nègres qui plastronnent dans des vestons marbrés comme de la galantine, des jeunes gens à lèvres peintes 1946. Le parisien de Paris
1946 Et c'est un Serbe ! grogna-t-il pour la dixième fois. Sale métèque ! 1946. Le cinquième procédé
1952 les métèques qui « en installent » et vous donnent des pourboires de misère 1952. Mon taxi et moi
1966 Ces dames en général ne pouvaient exhiber que des gigolos douteux, métèques à l'accent impossible, boxeurs aux muscles trop proéminents 1966. Les cahiers du capitaine Georges - Souvenirs d'amour et de guerre (1894-1945)
1950 vers la fin, le grand monsieur s'est écrié : –Encore un de ces petits métèques ! […] Va-t'en donc en Pologne ! 1950. Monsieur Paul
2006 ils [parents chinois] se feraient un devoir de venger la mort d'une fille de leur clan en supprimant Carlo, ce sale métèque de Blanc. 2006. L'exequatur
2006 Comme l'immense majorité de leurs compatriotes, les membres de ma famille [chinoise] étaient racistes, ils méprisaient les Blancs et les Noirs. Au début de mon mariage, ils m'avaient [un blanc] considéré comme un métèque 2006. L'exequatur

<12 citation(s)>

MÉTÈQUE, subst. masc. A. − HIST. GR. Étranger domicilié dans la cité, protégé par la loi et soumis, d'une façon générale, aux mêmes obligations militaires et fiscales que les citoyens, sans être admis, toutefois, à la citoyenneté. […] B. − P. ext., péj. Personne, souvent étrangère, dont l'aspect exotique, l'allure, le comportement n'inspirent pas confiance. Je viens d'entrer dans le New-York des étrangers (...). Pour désigner ses métèques, l'argot américain a mille nuances (Morand, New-York, 1930, p. 74). Simionescault ! Un métèque ! Un rasta ! Un type dont les grands-parents gardaient les moutons en Bessarabie (Duhamel, Passion J. Pasquier, 1945, p. 100). Il [le père de l'auteur] interdisait qu'on mît en question les principes du nationalisme; (...) il détestait les métèques, s'indignait qu'on permît aux juifs de se mêler des affaires du pays (Beauvoir, Mém. j. fille, 1958, p. 38). Prononc. et Orth.: [metεk]. Att. ds Ac. dep. 1878. Étymol. et Hist. 1743 hist. gr. mestèque « étranger domicilié à Athènes » (Et.-F. Geoffroy, Matière Médicale ds Fr. mod. t. 14, p. 298) ; 1840 métèque (Ac. Compl. 1842); 1903 « étranger domicilié » (Nouv. Lar. ill.); v. aussi J. Malignon, Dict. de pol. Empr. du gr. μ ε ́ τ ο ι κ ο ς « étranger domicilié à Athènes », proprement « qui change de résidence » formé de μ ε τ α ́, v. mét(a)- et ο ι ̃ κ ο ς «maison»; cf. le b. lat. metoecus « celui qui habite dans une cité étrangère » (vies.). Cf. la forme métoicien (1765 ds Encyclop. t. 10), métoecien 1808 (Boiste), métécien (1840, Ac. Compl. 1842), dér. sav. du lat. metoecus, gr. μ ε ́ τ ο ι κ ο ς ; suff. -ien*. (tlfi:métèque) /

Mestèque, grec metoikos, de meta, et oikos « maison », proprt « qui change de maison » (GR) /

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