décaniller

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date : 1745 registre ancien : 8 registre moderne : 8 fréquence : 43

décaniller & (décanniller) ; se décaniller ; être décanillé v. intr.

Partir, s'en aller (quitter sa chaise, se lever, sortir du lit) ; s'enfuir, se sauver, fuir, abandonner la place ; être parti ALL : entfliehen / ANG : to get up

Synonyme : fuir, s'enfuir, se sauver, s'échapper, s'évader, partir, s'en aller

1914 « Ah ! tout de même !… Tu ouvres un oeil !… Non ! le referme pas !… Il est onze heures, mon petit… et il fait faim !… Bon sang ! décanille, que je te dis… ou je tire les couvertes ! » 1914. Fin d'aventure, dans Racaille et parias 2015 Nous décanillons de la tire, le driver se précipite sur le coffre pour en extraire ma valoche. 2015. Phi Prob 1980 il s'était promis, avant de décaniller, de se faire le coffre-fort 1980. Baston 1993 La chasseau d'eau fonctionnait vigoureusement, obligeant les rêveurs du petit matin à décaniller promptement pour fuir l'inévitable bain de siège 1993. Le gendarme des barrières 1910 Mais faudra-t-il que j'y aille la nuit ?… demanda Bécasseau. –Turellement !… Faut trouver des joints pour décaniller de vot' caserne après l'appel du soir 1910. Contes de l'étape 1949 C'était le moment de décaniller d'ici et ventre à terre 1949. Un drôle de mec - Roman traduit de l'argot américain <6 citation(s)>

DÉCANILLER, verbe intrans. Pop. S'en aller malgré soi et sans demander son reste. Si ça plaît à Monsieur de Maillebois de déguerpir, c'est pas une raison pour que je décanille, moi (La Varende, Heur. humbles,« Va-de-bon-Cœur », 1942, p. 89).Attends voir comme j'le f'rais décaniller du pajot, si seulement j'étais là (Barbusse, Feu,1916, p. 25). Prononc. : [dekanije], (je) décanille [dekanij]. Étymol. et Hist. 1792 (Marat ds Brunot t. 10, 1re partie, p. 225). Prob. empr. au lyonnais se décanilli « se hâter de fuir » (Du Puitsp.), lui-même dér. avec préf. dé-* de canilles « jambes (emploi comique) » (ibid.) lui-même dim. de cannes* attesté au sens de « jambes » dans l'arg. franco-prov. (FEW t. 2, p. 203a). (tlfi:décaniller)

  • décaniller v. non conv. DÉPLAC. "partir" - GLLF, TLF, Lex.[79], DFNC, GR[85], 1792 ; E, 1821 ; L, DG (néol.), ø d. Add.DDL :
    • 1791 - «En concéquence, il faut [...] faire décaniller tous les évêques réfractaires qui se trouvent au pavillon des Tuileries, et tous ceux qui l'attendent à saint Cloud.» Grande fureur du père Duchêne contre Louis XVI, in [Jumel], Je suis le véritable père Duchêne, foutre, 2e série, 6-7 - P.E.
  • décaniller v.intr. DÉPLAC. "partir" - DDL 32, 1791, [Jumel] ; GLLF, TLF, GR[85], 1792, Marat, d'apr. Brunot.
    • 1745 - «[...] je te ferai bien Decaniller de Là : frater increpans canem : retirer.» P. Potier, in P.W. Halford (éd.), Le français des Canadiens à la veille de la Conquête, 77 (Les Presses de l'Université d'Ottawa, 1994) - P.H. (bhvf:décaniller) /

Origine de Lyon : décaniller, proprement jouer des canilles (les gônes appellent canilles les jambes, proprement petites cannes) (SAINXIX) / Orig. incert. On a proposé une dérivation du lyonnais canille « jambe », dimin. de canne, même sens (mais Wartburg voit dans ce suffixe -ille une influence de décaniller). Les régionalismes déquenailler, décanailler « s'en aller, quitter la place » et se deichonilla « se déprendre ; s'enfuir » (en parlant d'un chien et d'une chienne accouplés) suggéreraient le rattachement de ce « mot bas » (Brunot) au lat. canis « chien » (→ Canaille). Enfin P. Guiraud propose une base canille, de nille «niche» et préfixe ca- indiquant un creux, d'après le v. niller « nicher » (du lat. nidiculare) (GR) / Du vieux mot canil pour chenil (PESCH) / Argot parisien courant d'avant-guerre (Dauzat1918voc) / Ce verbe vient du vieux mot Canil pour chenil (Peschier 1852) /

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