chiper

date : 1759 registre moderne : 4 fréquence : 90

chiper & chipper ; chiper qqchose à qqun v.tr.

Prendre (tous les sens) : voler (par euphémisme), dérober, chaparder (qqchose de peu de valeur, de peu d'importance, vol véniel), faire des larcins ; attraper, attraper (maladie) ; prendre, saisir ; prendre (sur le fait) ; prendre (moralement) ANG : to steal

Synonyme : voler, dérober, prendre indûment, attraper, prendre, saisir, prendre, saisir, emporter

1900 Tous les jours, leur audace extraordinaire se manifestait par le vol d'un objet quelconque placé sur la table du juge d'instruction. À son nez et à sa barbe, ils lui chipaient ses cigares… 1900. Mémoires de Rossignol 1925 c'est franc comme l'or pour chiper la fenêtre de l'escalier d'la maison 1925. L'Equipe 1925 C'est le pène de la serrure. Y a que le pène. Faut chiper le pène et alors… 1925. L'Equipe xxxx Pour débuter, on chippe une misère, / Et pour finir, on devient assassin xxxx. Voilà, voilà la complainte de Lacenaire, dans Mémoires de Lacenaire, avec ses Poèmes et ses Lettres, suivis de Témoignages, Enquêtes & Entretiens présentés par Monique Lebailly 1981 dès que les purotins ont quelque chose de bien, il faut qu'ils leur chipent 1981. La java xxxx Tu penses ! s'ils ont dû chiper la balle au bond, manière de délayer leur méchanceté ! xxxx. Écrits 1933 Mais ne voulant pas chiper aux grandes coquettes leur dame aux camélias, moi j'vends des bégonias 1933. C'est vrai 0000 J'n'avais qu'un coeur et Cupidon me l'chipe 0000. Nom d'une pipe 1872 vous avez peut-être aussi, comme lui, chippé les sous de votre tirelire pour acheter le tabac défendu 1872. Les étapes d'un réfractaire : Jules Vallès 1918 ils s'amusaient, pendant son sommeil, à lui chiper sa marmotte 1918. Loin de la rifflette 1866 dit Fantasio, qui vient de me chiper ma pipe 1866. Du pont des Arts au pont de Kehl - Reisebilder d'un parisien 1899 il trouva le moyen de chipper une enveloppe 1899. Les Mémoires de M. Goron - Haute et basse pègre 1935 l'un me chipe mon nom, l'autre mon appareil. 1935?. L'as des as (Vaudeville en I acte) 1916 –Dame, il faut le saisir au vol et ce n'est pas chose facile ; […] Tâchez de la chiper au saut du lit ou au sortir de table ! 1916. Crapouillots - Feuillets d'un carnet de guerre 1917 c'est tout ce qu'il y a de plus malsain, car ils pourraient chiper des affections de poitrine… 1917. Chignole (la guerre aérienne) 1918 ne me chipe pas la sciatique, c'est mon lot ! 1918. Loin de la rifflette 1908 Croquignol parvient enfin à chiper le monsieur par le fond de son pantalon et à le tirer des pattes de Ribouldingue qui veut lui bouffer le nez 1908. Les Pieds Nickelés arrivent, dans La bande des Pieds Nickelés (1908-1912) 1967 J'ai rencontré trois jeunes garçons qui avaient écopé un mois de prison pour avoir, un matin, chipé et bu deux bouteilles de lait. 1967. Le cachot 1956 autrement on chipe une migraine qui ne vous lâche pas 1956. Fais gaffe à tes os 1903 Nous allions sortir, mais la femme avait chipé Chocolat par son grimpant 1903. Les enracinées 1903 Et dire que tu as cru dans le temps que c'était moi qui voulais te chiper ton mec. 1903. Les enracinées 1903 Jure-moi quand tu sortiras de ne plus rester avec ton homme. Si il nous fait ch... on le fera chiper par les « flics ». 1903. Les enracinées <22 citation(s)>

CHIPER, verbe trans. Familier A. 1. Voler un objet de peu de valeur; voler subrepticement (cf. barboter, faucher, piquer). Le garçon partait en maraude pour chiper le rasoir de l'un et le blaireau de l'autre (G. DUHAMEL, Chronique des Pasquier, Suzanne et les jeunes hommes, 1941, p. 187) : 1. Ils allongeaient la main en passant le long des étalages, chipant un pruneau, une poignée de cerises, un bout de morue. ZOLA, Le Ventre de Paris, 1873, p. 783. P. métaph. Ah! le monstre a commencé jeune, il s'y entend à chiper les cœurs (A. DAUDET, La Petite paroisse, 1895, p. 50). Pourquoi chiper, moi incroyante, au calendrier religieux un prétexte à bombance (H. BAZIN, Lève-toi et marche, 1952, p. 124) : 2. C'était une sente très étroite qui s'insinuait dans la forêt, (...) on sentait de l'eau dans ses chaussures, et un arbuste vous chipait votre chapeau. ROMAINS, Les Copains, 1913, p. 267. Spéc. [En parlant d'un(e) employé(e) de maison] Faire des bénéfices au détriment de son patron. Chiper qqn : 3. La pauvre fille mettait de côté ses desserts, refusant de « chiper un peu la patronne » malgré les conseils d'Arthur. H. BAZIN, La Tête contre les murs, 1949, p. 322. Chiper (qqc.) sur qqc. : 4. ... le voilà aussi bas qu'une cuisinière qui chipe deux sous sur un pot-au-feu (...) Aller gratter sur les additions! ZOLA, Le Capitaine Burle, 1883, p. 36. P. métaph. : 5. ... je suis peu libre; sous prétexte que je suis maire et proprio, etc., chacun se donne le droit de chiper sur mes heures; travail à surveiller; conseil à donner; réprimande à infliger; signature à apposer;... GIDE, Correspondance [avec Valéry], 1898, p. 330. Absol. Non, vrai! tu chipes trop... ça te jouera... un mauvais tour (MIRBEAU, Le Journal d'une femme de chambre, 1900, p. 343). Rare. Chiper qqn. Dépouiller quelqu'un de ce qui lui appartient : 6. Dans les cellules à deux, les défiants se dépêchaient de clouer une couverture entre leur toile et leur camarade pour n'être pas chipés. E. et J. DE GONCOURT, Manette Salomon, 1867, p. 57. 2. Au fig. S'attribuer, s'approprier indûment le bien de quelqu'un, l'en déposséder. Poutillard a des ennemis, parce qu'il a chipé la maîtresse d'un camarade (G. DUHAMEL, Chronique des Pasquier, Cécile parmi nous, 1938, p. 98) : 7. Elle ne voulait pas, elle la titulaire, se laisser chiper son rôle dans ces jours de gala. PROUST, Le Côté de Guermantes 2, 1921, p. 322. 8. Tout de même, ç'aurait peut-être été mon salut, de lui chiper sa place... de devenir à mon tour le chef responsable d'une grande boîte... R. MARTIN DU GARD, Un Taciturne, 1932, I, 5, p. 1251. B. Prendre sur le fait, arrêter. Se faire chiper comme des gosses, en flagrant délit d'inattention et de mensonge (L. DAUDET, Ch. Maurras et son temps, 1928, p. 111). Il ne faut pas que vous me preniez pour un apache. Je n'ai jamais été chipé (ROMAINS, Les Hommes de bonne volonté, Le 6 octobre, 1932, p. 232). Il [un professeur] m'a même sauvé un jour que j'ai failli être chipé en sortant [du collège] (LACRETELLE, Les Hauts ponts, t. 3, 1935, p. 79). P. ext. Être chipé. Être dupé (cf. se faire avoir) : 9. ... Dieu sait où ça mène de rire trop tard, quand on a le cœur pris par un désespoir d'amour! Droit au puits pour s'y jeter, tête première. (...) J'en ai vu de plus malicieuses que vous chipées par le suicide, l'idée fixe à ce qu'on dit, gobées comme des mouches... BERNANOS, La Joie, 1929, p. 617. Pop. Être chipé pour qqn. Être épris de quelqu'un : 10. Vous me reprochez, entre tant, D'être chipé pour la boniche. Mais vous donner mon cœur, autant Porter des cerises à Guiche. TOULET, Les Contrerimes, 1920, p. 106. Prononc. et Orth. : [], (je) chipe []. Ds Ac. 1932. Étymol. et Hist. 1759 « voler » (A.-Ch. CAILLEAU, Nouveaux bouquets poissards, p. 9). Prob. dér., avec dés. -er, de chipe « petit morceau, rognure d'étoffe » (chiffe*), chiper étant proprement « dérober une chose de peu de valeur ». Une orig. à partir de acciper* « prendre » (D'HAUTEL, s.v. acciper; SAIN. Lang. par., p. 438; EWFS2) est moins probable. Fréq. abs. littér. : 123. DÉR. 1. Chiperie, subst. fém. Vol d'objets de peu de valeur. Le vol nous semble une espèce de caprice chez la femme, une chose pas plus odieuse que la chiperie d'un joli singe (E. et J. DE GONCOURT, Journal, 1868, p. 419). []. 1re attest. 1855 (G. SAND, Histoire de ma vie, t. 4, p. 438); de chiper, suff. -erie*. Fréq. abs. littér. : 3. 2. Chipeur, euse, adj. et subst. (Celui, celle) qui a l'habitude de commettre de petits vols. Hardi et chipeur comme un gamin de Paris (BALZAC, La Maison Nucingen, 1838, p. 607). Ce Lescure, quel chipeur! Après « Marie-Antoinette » et autres plagiats, le voilà qui publie « L'Amour sous la Terreur » après que j'ai fait « L'Amour au XVIIIe siècle » (E. et J. DE GONCOURT, Journal, 1882, p. 175). [], fém. [-ø:z]. 1re attest. 1828-29 (F. VIDOCQ, Mémoires de Vidocq, t. 4, p. 297); de chiper, suff. -eur2*. Fréq. abs. littér. : 3. BBG. SAIN. Lang. par. 1920, p. 438. SAIN. Sources t. 1 1972 [1925], p. 136; t. 2 1972 [1925], p. 110. (TLFi) /

Avec suffixe -ipe (SCHW1889) / Vient probablement de chapper (prendre), capere en latin (SCHW1889) / voler des choses qui ne valent pas grand chose, qui ne valent pas chipette (AYN) / Anc. franç. chipe «chiffon». → Chipoter (GR) / «ce mot, qui est devenu vulgaire, a pris son origine dans les collèges» (D'Albanès 1845) /

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