bouffer

registre ancien : 8 registre moderne : 7 fréquence : 240

bouffer & à bouffer ; en bouffer ; se bouffer qqchose ; rebouffer ; se bouffer ; se faire bouffer v.tr.

■ Manger, manger beaucoup ; faire un repas, se nourrir ; ■ consommer : essence, l'oxygène ; ■ manger (au fig.) ; ■ lécher érotiquement (sexe oral) ; ■ subir : recevoir (un coup...), faire (des km), etc . ; □ idée de minimum vital (gagner de quoi b., donner à b.) ; □ être comestible ALL : viel essen / ANG : to eat greedily ; to eat

Synonyme : manger, nourrir Famille : bouf- (manger, nourriture)

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1867 Allons, pégriot (petit voleur), viens bouffer (manger) avec nous. – Et tous trois allèrent s'asseoir autour d'une table ornée de victuailles. 1867. Les Malfaiteurs 1795 qu'une fois sorti, il aurait une bonne place ; mais que, lui rapportât-elle cent livres par jour, il les boufferait ; parceque, s'il amassoit, on le guillotinerait aussi pour avoir son argent 1795 (an III). Almanach des prisons 1979 La rouille a tout bouffé la peinture et les chromes 1979. La tire à Dédé 1979 On y a fait manger ses bretelles 1979. C'est mon dernier bal 1963 Des termites, ça bouffe tout les termites ! 1963. Les Tontons Flingueurs 1983 Si tu veux viens bouffer 1983. Déserteur 1988 Parkings et bureaux ont bouffé Paris 1988. Rouge-gorge 1937 tout accablés, guenilleux… efflanqués… qu'auraient passé dix ans dans le dur… sous les banquettes à bouffer du détritus… avant de parvenir 1937. Bagatelles pour un massacre 1945 Remettez-vous, dis-je. On ne va pas vous bouffer 1945. Nestor Burma contre C.Q.F.D. 1955 Un bel aérateur pour bouffer les odeurs 1955. Complainte du progrès xxxx Ce que j'en ai bouffé de kilomètres / Depuis que j'ai planté là le boulevard xxxx. Le trimardeur (monologue), dans Cahier manuscrit de chansons 1927 Rien à bouffer que trois croûtes de pain rassis. 1927. Souvenirs de la vie de plaisir sous le second Empire 1995 Fais gaffe à ce bidule [réchaud à essence] […]. On est vachement calfeutrés, ici, et ça bouffe l'oxygène en plus de puer. 1995. La princesse du sang 1915 Tiens, l'est cinq heures. Décampons : on va bouffer. J'te paye à bouffer. 1915. Les soldats de la guerre : Gaspard 1987 J'ai appris la bonne nouvelle [fin grève de la faim]. Je suis très content pour toi. Il va falloir que tu rebouffes vite, si tu veux sortir au plus tôt. 1987. Voyage à l'intérieur des prisons - Témoignage 1997 Je te fais grâce du café : de la chicorée Leroux et de l'eau. Ça se bouffe et se boit, t'inquiète pas. 1997. La Citouche. Regard sur « la Navale », dans Un militant, trois poules 1914-1919 Enfin ! Mon plumard ! À bouffer !! La vie de famille, enfin !!! 1914-1919. Les carnets de l'aspirant Laby. Médecin des tranchées 1982 un de ses H 34 bouffe autant d'huile que d'essence et il doit se poser au bout d'une heure en plein djebel pour refaire le niveau. 1982. Les hélicos du djebel. Algérie 1955-1962 2002 parce que l'un d'eux s'est fait bouffer sa carte par le distributeur 2002. Canard enchaîné <19 citation(s)>

B.− Emploi trans., p. ext., p. réf. au gonflement des joues et avec l'idée dominante d'excès. 1. Pop. Manger avec avidité. Bouffer comme un loup à jeun, comme un ogre, comme un chancre. Synon. bâfrer : 2. − Comment, encore à bouffer! Eh bien! vous n'avez pas le trac! Quand on a soixante jours de prison dans la peau ce n'est pas pour qu'on emploie le temps à s'empiffrer comme des oies? Courteline, Le Train de 8 h 47,1888, IIIe part., 3, p. 237. SYNT. Bien, mal bouffer; avoir de quoi bouffer; ne penser qu'à bouffer. − En partic. [Le suj. désigne un bois, un meuble, un vêtement] Être bouffé aux vers, aux mites. P. métaph. : 3. − Ah! mon vieux, ça, alors, c'est un beau spectacle : le dogue de la maison Old England, le seul vrai, Hong-kong soi-même, il pourrit sur pied, il est bouffé aux vers! Malraux, Les Conquérants,1928, p. 32. Rem. 1. Attesté dans les dict. gén. du XIXe et du XXes. à partir de Ac. Compl. 1842. Ne figure pas dans l'Ac. 2. Bouffer est le plus souvent empl. absol. mais on trouve aussi fréquemment des constr. avec compl. dir. d'obj. telles que bouffer de la charcuterie, de la conserve, son dîner, son pain, de la viande. 2. Expr. métaph. et fig., lang. arg. et pop. Bouffer qqc. ou qqn. a) [Avec l'idée d'une consommation très ou trop poussée] − Bouffer du fric, du pognon, la dot de sa femme. Dépenser sans discernement, dilapider. − [Le suj. désigne un piéton, un cycliste ou un automobiliste] Bouffer du, des kilomètre(s). Marcher ou rouler beaucoup, voire trop : 4. [le chauffeur :] − « Nous entrions à Moulins à deux heures (...) et nous étions partis à huit ! Jamais M. Xavier n'a bouffé tant de kilomètres en si peu de temps... P. Bourget, Un Drame dans le monde,1921, p. 235. − P. anal. [En parlant d'un véhicule] Bouffer dix litres au cent, bouffer de l'huile. Consommer abondamment. − Vouloir tout bouffer. Avoir des désirs immodérés. Ils avaient l'air de vouloir tout bouffer : on verrait jusqu'où ils iraient (Sartre, Le Sursis,1945, p. 30). c) 1re moitié XVIe s. « gonfler ses joues par excès d'aliments » et p. ext. « manger goulûment » (C. Marot, 2e Epist. du Coq a l'Asne, p. 205 dans Gdf. Compl.) qualifié de ,,pop.`` dans Boiste 1800 (tlfi:bouffer) /

Selon SAINXIX, bouffer a remplacer briffer et bâfrer parce qu'il exprime l'action d'une manière plus expressive que les deux autres (et remonte au XVIe) (SAINXIX) / de bouffer (gonfler ses joues) par le moy. franç. bouffard « gros mangeur » et bouffeur, même sens (GR) / Argot parisien courant d'avant-guerre (Dauzat1918voc) /

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