bistrot

date : 1884 registre ancien : 6 registre moderne : 4 fréquence : 266

bistrot & bistro ; bistrotte (fém.) ; bistrote (fém.) ; bistro-tabac n., n.m.

■ Marchand de vin, débitant de boissons, aubergiste, patron de bar, cafetier < ; ■ débit de boissons, café, bar, petit restaurant ALL : Wirt / ANG : a bar keeper, a retail wine merchant ; drink-seller

Synonyme : bistrotier, débitant de boissons, cafetier, propriétaire d'établissement, débit de boissons, bar, café Famille : bistro Usage : alcool, ivrognerie, boire

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1932 arrachés pour un instant à la quiétude du bistrot 1932. De Gaby Deslys à Mistinguett 1895 Mais s'asseoir derrière un comptoir de zinc, débiter des « petits verres », se domestiquer au service d'une clientèle pas toujours commode, s'entendre appeler patron, enfin se muer en mastroquet, être cette chose : un bistro, – ah ! 1895. En plein faubourg 1932 il arriva tout essouflé du bistro à côté où il commençait à déjeuner 1932. De Gaby Deslys à Mistinguett 1977 Dans ses bistrots que je gamberge 1977. Le blues de la porte d'Orléans 1977 Qui traînait jamais les bistrots 1977. Jojo le démago 1977 qui s'est fait descendre au bistrot 1977. La bande à Lucien 1937 Ça valait un petit peu mieux que toute cette soukerie crouleuse, cette calamiteuse carambouille de bistrots et de « Je-sais-tout-tisme » 1937. Bagatelles pour un massacre 1936 Où est-il […] mon tabac et mon bistrot du coin ? 1936. Où est-il donc 1954 C'est un bistrot banal, avec un zinc recouvert de matière plastique rouge, un bistrot en manches de chemise, trop gros et trop crasseux 1954. L'Aristo chez les tricheurs 1967 un copain, tenancier d'un petit bistrot-plat du jour tout ce qu'il y a d'accueillant et de sympa. 1967. Raymond la Pente 1955 Pas de café aujourd'hui, avait répondu le bistro 1955. Les dessous de Paris - Souvenirs vécus par l'ex-inspecteur principal de la brigade mondaine Louis Métra 1915 Pour se consoler, comme en fait ils étaient libres après l'enterrement, Gaspard emmenait l'agrégé chez le bistro. 1915. Les soldats de la guerre : Gaspard 1915 je fixe attentivement le sauteur… Il me semble bien le reconnaître… Mais oui… Je ne me trompe pas… C'est le bistro qui est établi en bas de chez moi, rue des Trois-Bornes. 1915. Les poilus de la 9e 1987 Je prends un café au bistrot d'en bas. 1987. Voyage à l'intérieur des prisons - Témoignage 1994 C'est José, tenancier de bistro et de maison close, interdit de séjour en métropole, qui a mangé le morceau. 1994. La guerre des gusses 1947 Michel avait conduit Mariré dans un petit bougnat voisin de la place Dancourt. En absorbant une tasse de café, elle s'était remise de ses émotions. Le bistro lisait son journal au comptoir 1947. Fleur-de-Poisse 2001 J'appris à utiliser aussi le journaliste local, les patrons des bistrots, la patronne de la boîte de nuit et même la tenancière du bordel. 2001. Services spéciaux. Algérie, 1955-1957 1918 qui attendait cette heure fatale depuis dix-sept mois au bistro d'en face 1918. Loin de la rifflette 1905 Le bistro a raison 1905. Le Tigre & Coqueliquot 1953 Francisco, le bistrot, était bien avec vous ? –Avec Ramirez, oui. 1953. ...et ça continue ! <20 citation(s)>

BISTRO(T), OTE, (BISTRO, BISTROT)subst. A. Fam. Petit café, petit restaurant sympathique et modeste. Courir les bistrots : 1. Il allait se faire de bons copains des gars qui seraient allés au front comme lui il dénicherait un petit bistro convenable pour manger à midi, il trouverait une chambre pas trop loin, pour pouvoir se lever tard. DORGELÈS, Les Croix de bois, 1919, p. 312. 2. Après le meeting on est allé dans un bistro manger de la choucroute et boire de la bière, ... S. DE BEAUVOIR, Les Mandarins, 1954, p. 553. B. P. méton. Le patron de cet établissement. Tulacque était bistro à la barrière du Trône (BARBUSSE, Le Feu, 1916, p. 22) : 3. Ils ont un compte au cabaret, et se décident à travailler deux ou trois jours de temps en temps, lorsque le bistrot menace de se fâcher. ROMAINS, Les Hommes de bonne volonté, La Douceur de la vie, 1939, p. 199. Au fém. Bistrote. Femme qui tient un café : 4. Avec un long épi, il [Vieublé] était occupé à chatouiller de loin le creux de la main de la bistrote, qui faisait la belle avec ses compagnes. DORGELÈS, Les Croix de bois, 1919, p. 178. PRONONC. ET ORTH. : []. Lar. 20e écrit bistro, DUB. et Lar. encyclop. Suppl. 1968 écrivent bistrot. ROB., Lar. encyclop., QUILLET 1965 et ROB. Suppl. 1970 admettent bistro ou bistrot; ce dernier ajoute la forme bistrote ,,n.f. Femme qui tient un café.`` ÉTYMOL. ET HIST. 1884 arg. pop. bistro « cabaretier » (G. MOREAU, Souvenirs de la Petite et de la Grande Roquette, t. 2, p. 3); 1892 bistrot (TIMM.); d'où le fém. bistrote [1914 d'apr. ESN. sans attest.]; 1919, supra ex. 4. Orig. obsc.; à rattacher au poit. bistraud « petit domestique » d'orig. inc. (cf. FEW t. 22, 2, p. 61a; v. aussi ESN., s.v. bistaud) si l'on suppose que le mot a tout d'abord désigné l'aide du marchand de vin, plutôt qu'à relier à bistingo « cabaret » 1845 (RAISSON, Une Sombre histoire, I, 40 dans Fr. mod., t. 19, 1951, p. 203), bustingue (avec coquille?) « hôtel où couchent les bohémiens » 1848 (A. PIERRE, Arg. et jargon, ibid.) et bistringue, bastringue*, tous d'orig. obsc.; l'hyp. qui voit dans le mot, l'adaptation du russe bistro « vite » remontant aux cosaques assoiffés occupant Paris en 1814 n'est pas suffisamment fondée. Le -t final qui permet le fém. bistrote (cf. supra prononc. et orth.) est dû aux nombreux mots fr. en -ot à valeur affective (cf. NYROP t. 3, § 287-291). STAT. Fréq. abs. littér. : 217. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) néant, b) néant; XXe s. : a) 35, b) 901. BBG. BERNELLE (A.). La Langue leur a fourché... Vie Lang. 1960, p. 485. ESNAULT (G.). Bistro. Fr. mod. 1951, t. 19, p. 203. ESNAULT (G.). Généalogie de bistro. Vie Lang. 1954, pp. 175-177. GALL. 1955, p. 230. LE BRETON GRANDMAISON. Le Monde de la limonade. Vie Lang. 1971, pp. 548-551. SAIN. Lang. par. 1920, p. 111, 268. SAIN. Sources t. 3 1972 [1930], p. 71. (TLFi) /

Origine provinciale ; le mot a probablement désigné au début l'aide du marchand de vin et ensuite la patron lui-même (SAINXIX) / D'origine confuse : certains le datent de l'arrivée des Cosaques à Paris lors de l'invasion de 1814 (les hommes de troupes qui n'avaient pas le droit d'y entrer officiellement faisaient rapidement en criant bistro = vite) mais GIR pense que le terme est d'origine française et que c'est une déformation de mastroquet, lui-même issu de la constraction de stroc = setier (cf. Vidocq, les voleurs) et de demi : mi-stroc qui a donné mistroquet ; ce mot devient listroquem en louchebem → bistroquet → bistroque → troquet → bistroquet → bistrot (GIR-BIST) / A d'abord désigné le cabaretier avant de désigner le débit de boisson ; étymologie incertaine : peut-être emprunté au poitevin 'bistraud' (petit gardeur de vaches domestiques, d'où commis d'auberge). Autre étymologie peu vraisemblable : les Cosaques à Paris, en 1814, commandaient à boire en disant 'bistro, bistro' (= vite en russe) : les cabaretiers auraient pris le mot pour eux (MCC) / Corruption de mastroquet (AYN) / orig. incert.; p.-ê. du poitevin bistraud « petit domestique », qui aurait désigné l'aide du marchand de vin; ou encore des formes bistingo (1845), bistringue, bastringue, d'orig. obscures; quant à une adaptation du russe byistro «vite», venue des cosaques demandant à boire à Paris en 1814, c'est une pure fantaisie en l'absence de toute attestation du mot à l'époque ou peu après; mais l'hypothèse la plus vraisemblable rattache le mot à bistouille (par la var. attestée bistrouille et un verbe bistrouiller). → Bistouille (GR) / D'origine confuse, le mot bistrot date pour certains, de l'arrivée des Cosaques dans la région parisienne durant la guerre de 1814. Les hommes de troupe qui n'avaient absolument pas le droit de fréquenter un quelconque estaminet, déjouant toute surveillance s'y précipitaient à chaque occasion en criant : bistro, bistro !... ce qui paraît-il signifie : vite... vite... Après avoir absorbé ce qui leur était servi, ils disparaissaient aussi rapidement qu'ils étaient venus. C'est de cette époque dit-on que le parisien avide de nouveauté prit l'habitude d'appeler le café, le bistro. Bistrot sans T final évidemment, mais nombreux sont ceux, et nous en sommes, qui l'écrivent avec la lettre en question, pourquoi ? Nous pensons que le mot litigieux est vraiment français et qu'il provient d'une suite d'allitérations et de déformations de mastroquet tout simplement. En louchebem (ce langage particulier aux bouchers) mastroquet devient listroquem. Reprenant le mot au vol l'argot à son tour le malaxe et le refond pour en faire listroquet, listroque, troquet, bistroquet et finalement le raccourci bistrot avec un t car il ne faut pas oublier que l'on dit en parlant de son tenancier ou de sa tenancière qu'il est un bistrotier ou une bistrote. (Giraud, Bistrots, 1960 / 1884 (GR) /

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