tante

date : 1834 registre ancien : 8 registre moderne : 7 fréquence : 68

tante & Tante ; tanté ; les tantes ; être tante ; boîte à tantes n.f., adj.

■ Homme qui a des manières efféminées ; homosexuel, généralement masculin (plutôt passif), pédéraste efféminé, (pédéraste actif) ; homme jouant le rôle de la femme en prison ; ■ terme de mépris, homme faible, peu viril, peu courageux ; insulte ; être salaud, déloyal, injuste ; □ établissement fréquenté par les homosexuels ALL : Päderast / ANG : Sodomist

Synonyme : insulte, homosexuel, sodomite, pédéraste Usage : homosexualité

1961 Cent vingt-cinq affaires d'outrage public à la pudeur entre homosexuels. Quatre procédures de chantage, trois agressions entre P.D. et deux fermetures de boîtes à « tantes ». 1961. L'hydre aux mille têtes 1891 y sont pommadés et ne regardent pas les femmes, c'est un tas de tantes 1891?. Paris-Impur 1855 Puis, le mignon de bas étage et les monteurs de coups vont ensemble boire à la santé de la tante qu'ils ont fait chanter, c'est-à-dire du honteux personnage auquel ils ont escroqué de l'argent. 1855. Filou, filouterie dans Dictionnaire de la conversation 1867 Car les jeunes garçons que flétrit le nom de tantes sont souvent attachés à des femmes chez lesquelles ils attirent et reçoivent habituellement les pédérastes. 1867. Etude médico-légale sur les attentats aux moeurs 1955 J'ai connu aussi beaucoup de « tantes » qui ne manquaient pas d'à-propos pour tourner en dérision ceux qui les injuriaient grossièrement 1955. Les dessous de Paris - Souvenirs vécus par l'ex-inspecteur principal de la brigade mondaine Louis Métra 1910 Nous avons une preuve dans la « tante », qui se vend à qui le paye, homme ou femme, et qui à tour de rôle se trouve l'amant d'une fille publique ou le complice d'un sodomiste 1910. Le crime à deux - Essai de psycho-pathologie sociale 1994 Regardez-moi bien ces tantes, fit-il avec un sourire. Ils voulaient pas nous aider à casser du fel, je compte sur vous pour leur en faire baver. 1994. La guerre des gusses 1978 à part moi, je connais pas beaucoup d'homosexuels à 100%. Sincèrement, je crois que je suis la reine des tantes ! 1978. Les garçons de passe - Enquête sur la prostitution masculine 1911 Les camerluches, je débecte dessus !… Il n'y en a pas un qui m'aurait fait passer un paquet de perlot, depuis que je suis bloqué… Les tantes ! 1911. Le journal à Nénesse 1924 Si vous saviez, qu'est-ce que c'est qui m'ont fait becqueter comme galetouses les tantes ! Et l'tamponnage si y m'ont bosselé plein les endosses ! 1924. Les dessous de Montmartre 1953 J'ai rien d'un mouton, moi ! Je me sers des flics que quand mes ennemis deviennent trop tantes. Autrement, j'assaisonne la salade moi-même ! 1953. ...et ça continue ! 1903 J'aime mon petit homme pour la vie. Je ne l'aime pas, je l'adore. Mort à la « vache » ou à la « tante » qui me le prendra, même la grande blonde qui demeure boulevard Rochechouart. 1903. Les enracinées 1903 elle ne m'a même pas écrit une lettre à Saint-Lazare. Mais enfin, n'y pensons plus. Je n'ai pourtant pas été « tante » avec elle 1903. Les enracinées 1903 Je ne pense plus qu'à toi [femmes détenues], j'espère que tu dois faire de même, et que tu tiens toujours ta promesse, car si tu y manquais ça serait « tante » de ta part. Mais tu la tiendras, n'est-ce pas, mon petit loup ? 1903. Les enracinées <14 citation(s)>

C. − Argot 1. Homosexuel de sexe masculin; en partic., homosexuel passif. Synon. tantouse (infra dér.) arg., pop., tata1(arg., pop.), tapette (arg., vulg.), homosexuel, pédéraste.Nous le trouvions toujours chez lui en compagnie d'un petit bonhomme à allures plus qu'efféminées qu'il appelait son neveu, mais qui était bien plutôt une espèce de « tante » dont il devait faire ses délices dans l'intimité (Léautaud, Amours, 1906, p. 263). 2. Individu lâche; dénonciateur, mouchard. Bon Dieu! quand on n'est pas un' tante On va d' l'avant (...) on cogn' dans l' tas (Bruant1901, p. 290).Il se mit à râler soudain: « Lâchez-moi, espèce de brute. Est-ce que vous êtes une tante, vous aussi? » (Sartre, Nausée, 1938, p. 210). − [Terme d'insulte et de mépris] Je vas t'essuyer, moi, si tu veux, avec une paire de claques... A-t-on jamais vu des tantes pareilles qui insultent l'ouvrier! (Zola, Assommoir, 1877, p. 739).[On me tirait dessus] trois flingues au moins (...) Ils devaient pas me perdre de vue, les tantes (Simonin, Touchez pas au grisbi, 1953, p. 73). Empl. exclam. Pendant l'audience (...) il insulta la cour (...) appela (...) un assesseur: grosse tante (A. Humbert, Mon bagne, 1880, f. 94).Salop, maquereau, tante! Tu n'y couperas pas, cochon! (Verlaine, Œuvres posth., t. 1, Hist. comme ça, 1896, p. 380). 3. 1834 « pédéraste » (Esnault, [Comment. (IGLF 1938) de l'ouvrage de Musette, Cagayous phil. (1906)]: Chardon, surnommé la tante, fut assassiné par Lacenaire en décembre 1834). (TLFi) /

Le mot tante apparaît dans le vocabulaire des malfaiteurs et des détenus, vers 1830, au sens d'inverti passif. Balzac l'utilise à titre pittoresque, au sens de « troisième sexe », dans la Dernière incarnation de Vautrin (1847). Tante, comme marraine, en argot, a d'abord signifié femme en général. [..] Vers 1880, toujours chez les malfaiteurs, tante a signifié également délateur (parce qu'on ne peut se fier aux femmes) et aussi policier (par mépris). (Brenner, note CAN) / 1834 Raspail (GR) / 1834 DHAF (TLFi) /

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