miché

date : 1732 registre ancien : 9 registre moderne : 8 fréquence : 81

miché & michet ; mich' ; miche ; femme miché ; faire un michet ; faire un miché ; lever un miché n.m.

■ Client de prostituée, celui qui paye pour baiser ; > riche client d'une prostituée ; personne riche, homme généreux qui dépense sans compter ; client (péj.) ; ■ par ext. imbécile, niais, client, dupe, bête ; (amant de passage, individu, souteneur), (femme qui paie) ; □ ramener un client

Synonyme : dupe, pigeon, victime, client de prostitution Famille : michet (client) Usage : prostitution

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1970 Mais ces charmes, elles les monnayaient, ces putasses ! Depuis quarante-huit heures, j'avais remporté des succès trop flatteurs pour me résigner à jouer le rôle humiliant du « miché ». 1970?. Paris passionnément 1840 plus sept ou huit filles, bien dressées, qui vous engagent à entrer, en employant le protocole usité. Ensuite demandent le petit cadeau, et foutent, branlent et paillassonnent plus ou moins suivant la générosité du miché. 1835-1840. Les dames de maison et les filles d'amour 1914 –Ah ! pige-moi ces longues pattes que ça a, pour cavaler ?… On aurait les pareilles, nous aut's… mais rien qu'les femmes, naturell'ment… c'qu'on s'défilerait d'la corvée auprès des mich' ! –Un coup d'jarrets, on t'les plaqu'rait au bas d'la Butte pour leur fair' un pied d'nez du haut du Sacré-Coeur ! 1914. La grâce de Bichu, dans Racaille et parias 1815 Les filles appellent un miche l'homme qu'elles font monter chez elles, et qui les paye. 1815. Le Palais-Royal ou les Filles en bonne fortune 1790 je ne suis ni belle ni jolie, mais j'ai de ce qui se magne avec plaisir ; et les michés qui sont une fois venus chez moi me préfèrent à toutes mes soeurs du quartier 1790. Le courrier extraordinaire des fouteurs ecclésiastiques, ou Correspondance intime, secrète et libertine de quelques prélats de qualité, de plusieurs prêtres paillards et d'un certain nombre de prestolets luxurieux 1891 elles s'arrêtent de temps en temps devant un magasin pour bien s'assurer que le suiveur ne perd pas la piste et qu'il est un miché sérieux ne suivant pas en amateur 1891?. Paris-Impur 1937 Regardez un peu les gens riches, ils y habitent presque plus. Quand ils y passent deux mois par an, c'est le bout du monde !… Paris manque à présent de tout, ils le savent bien les michés 1937. Bagatelles pour un massacre 1966 J'étais vraiment le client, le miché, l'anonyme, le passant qu'on ne reverra jamais 1966. Les cahiers du capitaine Georges - Souvenirs d'amour et de guerre (1894-1945) 1904 le divorce est prononcé au profit de la femme par des juges qui acceptent que celle-ci se dise lingère alors qu'elle faisait la rampe à Marigny et se disputait […] avec ses compagnes l'honneur d'avoir levé un michet de l'orchestre 1904. Les robes noires 1938 On n'a pas l'idée de me prendre pour un client ni pour un miché, on sait que nous sommes des copains, sans plus 1938. Moi, un nain 1870 elle lui persuade que son michet l'a quittée, à cause de lui 1870. Le sublime ou le travailleur comme il est en 1870, et ce qu'il peut être 1927 Cette femme, après lui avoir mangé deux cent mille francs, tout son bien, l'avais lâché, non pour un miché mais pour un greluchon, c'était la fin de tout. 1927. Souvenirs de la vie de plaisir sous le second Empire 1949 Il fallait qu'elle aille au boulot, essayer de lever un miché. Le plaisir c'est bien gentil mais le travail avant tout 1949. Un drôle de mec - Roman traduit de l'argot américain 1974 J'ai beau être miché, je vais vous dire, ces putes, elles sont un peu comme des encaisseuses du Crédit Lyonnais. Y'a pas beaucoup de surprise. 1974. Le roman d'un turfiste 1911 le vieux, qui est allé à Chantilly, m'a donnez rendez-vous pour ce soir dans le passage des Panoramas… Dans le passage des Panoramas, il y a toujours des michés très rupins… Qui sait ! Je ferais peut-être quelque chose en l'attendant… 1911. Le journal à Nénesse 1974 « Un miché, c'est tant ! » Ses prix étaient relativement modérés. Ce professionnel, qui remuait de la croupe, fade blondasse de plus de trente-cinq ans, était, en fait, assez répugnant. 1974. J'ai été 16 ans médecin à Fresnes 1903 Oui, c'est comme ça fifille, on va se tirer et reprendre son petit turbin avec ardeur. Ce que je vais les aguicher les michés. Je suis capable d'en faire trente par jour 1903. Les enracinées <17 citation(s)>

MICHÉ, subst. masc. et adj. I.− Arg., subst. masc. Client d'une fille publique. Il me semblait, parfois, que nous étions en maison et que nous attendions le miché (Mirbeau, Journal femme ch., 1900, p. 291): 1. Le soir, au Petit Luxembourg, les vieilles pauvres catins qui traînent sur les bancs, cherchant l'ombre pour leurs rides mal fardées et de pauvres michés pas difficiles. Léautaud, Journal littér.,1, 1903, p. 75. − P. ext. Homme qui entretient une femme. On le reverra, Jadin : c'est une excursion, pas plus. C'est une fille qui a son genre de vie, elle saura jamais garder un miché (Colette, Vagab.,1910, p. 22): 2. Il y a longtemps que je la guettais, la Carlotta. Oh! c'était une petite filature qu'on m'avait demandée. Un vieux client, avec qui j'ai eu à faire dans une histoire de drogues, il y a quelques années. Un homme de bourse. Il est en affaires avec le miché de la donzelle... Aragon, Beaux quart.,1936, p. 453. II.− Pop., subst. masc et adj. Sot, dupe. Synon. pop. cocu. C'est parce que nous, au P.C.I., nous avons compris le marxisme que les Staliniens nous en veulent tant... − Vous autres, vous êtes doublement michés. Vous comprenez le jeu et vous ne le jouez pas (Abellio, Pacifiques, 1946, p. 264). (TLFi) /

  • miché n.m. arg. CARACT. "sot, dupe" - FEW (6/II, 78a), GLLF, 1739, d'ap. Esnault ; TLF, 1739-47, Caylus ; DFNC, 18e.
    • 1732 - « TONTON Si vous parliez à quelque miché, je vous pardonnerais de parler ainsi ; mais à moi, c'est se moquer. » A.-C. de Caylus (?), Le Bordel, 53 (Pauvert et Terrain vague) - P.R.
  • miché (faire un -) loc. verb. arg. ARG. PROSTIT. "client d'une fille" - DFNC, 1836 ; absent TLF. miché : FEW (6/II, 78a), E, Rs, GLLF, Lex.[75], TLF, 1764, Mérard de Saint-Just ; L, ø d.
    • 1789 - « Moresquin, en se levant, voyant l'annonce d'un beau jour, me dit : - Habille-toi : c'est aujourd'hui la dernière promenade des Catins de Paris ; si tu ne l'es pas, tu le seras bientôt ; allons-y : Tu ne reviendras pas sans avoir fait un Miché. » Restif de la Bretonne, Ingénue Saxancour, 286 (10/18) - P.E.
    • 1793 - « [...] ce jour là je fis un bon miché. » Hébert, Le Père Duchesne, n° 284, 5, in G. Walter, Hébert et le Père Duchesne, 385 (Janin) - P.E. (BHVF) /

Ce terme était usuel au XVIIIe siècle dans le sens de dupe (Trévoux 1752) : miché est la prononciation vulgaire de Michel, nom traditionnel de la dupe, du niais (SAINXIX) / Terme déjà connu en 1764, cité par Mérard de Saint-Just (VIR) / Forme populaire de Michel avec amuissement ; on rencontre aussi les formes michaut et michon = sot (LEVER) / Il a de la miche (= pain doré = or) (AYN) / Terme déjà connu en 1761 : Mérard de Saint-Just a dit : D'où vient qu'on appelle Miché / Quiconque va de nuit et se glisse en cachette / Chez des filles d'amour, Barbe, Rose ou Fanchette (VIR-PARIMP) / Forme pop. de Michel (GR) / Mot du vieil argot commun peu à peu abandonné (Arnal) / Étrangement, le propriétaire du bordel a pour nom Miché dans Maupassant, la Feuille de rose, Maison turque (gb) / 1732, Caylus (BHVF) / 1739 (dupe, jobard puis sens moderne dès 1764) ; michet vers 1860 (GR) /

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