gnôle

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date : 1882 registre ancien : 7 registre moderne : 6 fréquence : 79

gnôle & gnole ; gnolle ; gniole ; gniôle ; gniolle ; gniaule ; gnaule ; niaule ; niole ; niolle ; niôle ; coup de gnole ; coup de gniole n.f.

Alcool, alcool fort, eau-de-vie (généralement rustique ou de qualité médiocre), rhum, brandy, cognac ALL : Schnaps / ANG : brandy

Synonyme : alcool, eau-de-vie Usage : alcool, ivrognerie, boire

1957 Tu veux boire un coup de gnole avant de te barrer ? 1957. Du riffifi chez les femmes 1982 Sa femme, sur pied elle aussi, leur sert la gnôle, rustique mais excellente. 1982. La vapeur 1927 Ça ne vaut pas la gnolle française, […] mais ça s'avale quand même sans répugnance 1927. A la revoyure - Nouvelles aventures des Pieds Nickelés, dans Les Pieds-Nickelés en Amérique (1921-1927) 2000 Ici et là, les tasses de café s'accompagnent de verres de gnôle 2000. Femmes en prison - Dans les coulisses de Fleury-Mérogis 1954 Déjà il buvait beaucoup. Son cerveau ne résista pas à la gnaule, au raki - au paludisme 1954. Rue des maléfices - Chronique secrète d'une ville 1917 R'gardez-les, là-bas, mon lieutenant. I's s'envoient quéqu' chose comme disgestif. Et pas d'la gniôle, vous savez, d'la mirabelle ! 1917. Nuits de guerre (Hauts de Meuse) 1915 les amis de la 21e compagnie, logeant chez Mr. Orry, après un gateau à la confiture, une tasse de café aromatisé de « gnôle » (ainsi nomme-t-on l'alcool dans le Nord) me réjouirent d'un petit concert. 1915. Journal d'un poilu. août 1914-décembre 1915 1936 Le sergent Bella m'a joué un tour de cochon. Il avait touché de la gniole pour Paul et moi et ne nous a rien donné. 1936. Hajde Prilep. Journal d'un poilu d'Orient 1953 Derrière le zinc, un coup de gniole me ravigote encore. 1953. ...et ça continue ! <9 citation(s)>

GNOLE, GNÔLE, subst. fém. Pop. Eau-de-vie, généralement très forte. Verre de gnôle. Encore un coup de gniôle, allons! De l'eau-de-vie en grains, dégueulasse : ça vous fera du bien tout de même (GENEVOIX, Éparges, 1923, p. 166). Hep, là! Il tourne de l'oeil... Des camarades lui passèrent de la gnole (ARAGON, Beaux quart., 1936, p. 493). Prononc. et Orth. : []. Comme d'autres mots pop. il connaît de nombreuses var. graph. : gnole (Lar. 20e, Lar. encyclop., Lar. Lang. fr.), gnôle (Lar. 20e, Lar. encyclop., Lar. Lang. fr., ROB.), gniole (Lar. Lang. fr.), gniôle (Lar. 20e, Lar. encyclop., ROB.), gniaule (Lar. 20e, Lar. encyclop.), gnaule (ROB., Lar. Lang. fr.), niaule (Lar. 20e, Lar. encyclop., Lar. Lang. fr.), niôle (Lar. encyclop., Lar. Lang. fr., ROB.), gniolle (LE BRETON, Rififi, 1953, p. 49, 139). Étymol. et Hist. 1882 (témoignage recueilli à Carouge (près de Genève) par G. ESNAULT ds Fr. mod. t. 16, p. 294); autres attest. ds ESN. Mot francoprovençal (et des régions voisines) désignant une eau-de-vie produite à partir du sureau noir, forme dial. de hièble* avec agglutination de l'art. déf. (cf. ALF, no 1595, points 11 et 804 et, en dehors du domaine gallo-rom., FEW t. 3, p. 202b; v. G. ESNAULT, loc. cit. et B. MÜLLER ds R. Ling. rom. t. 38, p. 388). Le mot s'est vraisemblablement répandu dans le fr. pop. au cours de la Première Guerre mondiale. Fréq. abs. littér. : 25. (tlfi:gnôle) /

Si la forme initiale est gniole, on pourrait y voir le même mot que gniole (abrégé de torniole), coup qui donne le vertige : l'eau-de-vie serait, dans ce cas, envisagée comme la boisson assommante (SAIN-TRANCH) / Mot employé depuis longtemps en Auvergne et dans le Lyonnais (Dech1918) / Normand (AYN) / Au début du XVIIIe, gniole = coup (cf. torgniogle) mais le nom de l'eau-de-vie semble venir de niôla (Hte-Bourgogne, Lyonnais) qui dérive du lat. nebula = brouillard (MCC) / Mot dial. (Bourgogne, Lyonnais), « eau-de-vie de mauvaise qualité », p.-ê. de yôle, var. de hièble (sureau dont on fait de l'eau-de-vie), par mauvaise coupure de une yôle, ou (Guiraud) var. de nielle « ivraie enivrante » avec infl. possible du dial. gnole « brouillard » (lat. nebula) (GR) / Il paraît que ce terme avait déjà gagné la Normandie avant la guerre. Mais son origine n'est pas douteuse : il y a au moins un demi-siècle que l'alcool a reçu ce surnom à Lyon. Il s'agit derechef d'une métaphore. Dans les patois franco-provençaux (Lyonnais, Savoie, Suisse romande), niola, descendant du latin nebula, désigne le brouillard ou les nuages.» (Dauzat1917MdF) / était en Normandie le surnom du calvados avant de s'appliquer à la goutte du front (REPPS1916) / souvent inscrit sur les tonnelets de l'intendance ; adopté d'emblée par l'infanterie, les sapeurs, etc. Mot de Lyon , il y a au moins un demi-siècle que l'alcool a reçu à Lyon ce surnom métaphorique. Dans les patois franco-provençaux, niôla, du latin nebula, designe le brouillard ou les nuages. Il est préférable, conformément à l'étymologie, d'écrire niôle, bien que la prononciation ait également mouillé l'n (Dauzat1918) / Nom du Nord (Baqué1914) /

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