dingue

date : 1915 registre ancien : 7 registre moderne : 5 fréquence : 113

dingue & un dingue ; être dingue ; c'est dingue ; demi-dingue ; devenir dingue ; rendre dingue ; doux dingue ; maison de dingues ; ≠ pas dingue n., adj.

■ Fou, aliéné, atteint de maladie mentale ; fou, excessif, déraisonnable, excité, excentrique ; à moitié fou ; individu déraisonnable, qui agit follement ; ■ incroyable, inouï ; extraordinaire, remarquable, hors du commun ; intensif ; devenir fou ; agacer, rendre fou, excité, énervé ; excessif dans certaine activité ; asile de fous ; ≠ pas fou, sensé

Synonyme : incroyable, fou, déraisonnable, déraisonner, délirer, extraordinaire, remarquable Morphologie : aphérèse

1976 C'est une bouche qui parle, un sexe, c'est dingue. Ça s'agrandit, ça se rétrécit avec le désir, je trouve ça fantastique. 1976. Dire nos sexualités 2008 On a rameuté une smala dingue, la famille éloignée, des voisins, des collègues. Je vous raconte pas les youyous à faire trembler les murs 2008. Kiffer sa race 1965 À Armentières, il y avait une maison de dingues, les gardiens s'étaient sans doute tirés, et les dingues cavalaient sous les bombes. Ceux qui se prenaient pour Napoléon devaient se croire à la bataille de Marengo. Je me suis rarement tant marré ! 1965. La débâcle 1977 j'ai été un an au chômage et j'ai bu comme un trou, je tenais plus debout, j'étais à moitié fou tellement je buvais. À moitié dingue. 1977. Une vie de cheval 1950 Retire l'échelle, petit gars, je tiens bon au pinceau, il dit, le dingue, son pote, un jour où il passait au badigeon le plafond de sa carrée 1950. Ainsi soit-il 1976 Après une courte période d'accalmie, l'obsession et la jalousie reprennent notre « dingue » incurable 1976. Un septennat policier - Dessous et secrets de la police républicaine 1995 Les yeux au ciel, il rit : « C'est dingue de voler… Tu peux pas savoir… » 1995. Les pieds-bleus 1998 Une patiente lui a dit un jour : « C'est du côté des dingues qui vous devriez être ». 1998. Trente ans de sursis 1978 Toutes sortes d'expériences inédites, des îlots d'indépendance, des passions vagabondes et des histoires un peu dingues. 1978. Les garçons de passe - Enquête sur la prostitution masculine 1978 J'ai eu des problèmes dingues avec mon frère. 1978. Les garçons de passe - Enquête sur la prostitution masculine 1949 Quoi ? m'écriai-le. Tu n'es pas dingue ? 1949. Un drôle de mec - Roman traduit de l'argot américain 1976 Faut pas se monter la tête, dit Liétard. C'est sans doute deux dingues, ou des mecs à moitié bourrés qui s'en sont pris à toi dans la flotte 1976. Le petit bleu de la côte Ouest (Trois hommes à abattre) 2007 C'est également de là [falaise] que s'élancent de doux dingues suspendus à des deltaplanes ! 2007. La gigue des cailleras <13 citation(s)>

DINGUE, adj. et subst. Fam., pop. A. Arg. des hôpitaux. Aliéné mental. 1. Emploi adj. Le voilà de nouveau dingue. Ces gens qui, cinq minutes auparavant, n'eussent pas mis en doute ses facultés, trouveront désormais bizarres ses gestes les plus simples (H. BAZIN, Tête contre murs, 1949, p. 173). 2. Emploi subst. Tu sais où ça [la cocaïne] va t' conduire, non? Aux dingues que tu vas finir (LE BRETON, Rififi, 1953, p. 81). À vivre comme un dingue depuis le début de cette histoire, la notion du temps m'avait lâché (SIMONIN, Touchez pas au grisbi, 1953, p. 197). B. Usuel, adj. Fou, folle. Rendre dingue; il est complètement dingue. Elle se fait chier chez ses beaux-parents; elle en devient dingue (SARTRE, Mort ds âme, 1949, p. 178). Rem. 1. Dingue est un mot à la mode, avec le sens de « bizarre, extraordinaire, saugrenu »; il peut être mélioratif. C'est dingue; une discussion, une maison, une soirée dingue (cf. GILB. 1971). 2. On rattache parfois à ce mot le subst. arg. dingue « fièvre paludéenne » (de l'esp. dengue « fièvre coloniale », lui-même d'orig. souahéli), réinterprété au sens de « qui rend fou » (cf. ESN. 1966). 3. On rencontre ds la docum. le dér. dinguerie, subst. fém., fam. Caractère ou acte d'une personne au comportement dingue. L'émouvante cicatrice qui est, si j'enlève ma gourmette de suicidée ratée, la seule séquelle visible de ce temps de dinguerie dont on ne parlera plus jamais, bien sûr (A. SARRAZIN, La Traversière, J.-J. PAUVERT, Paris, 1966, p. 128). Prononc. et Orth. : []. Homon. dengue. Étymol. et Hist. 1915 pas dingue (ds ESN.); 1916 (BARBUSSE, Feu, p. 15 : t'es pas dingue, non?). Prob. dér. régr. de dinguer* « aller de-ci de-là, divaguer »; cf. 1890 la dingue « le paludisme » (ds ESN.). Bbg. RIGAUD (A.). La Vraie cour des miracles Vie Lang. 1969, p. 399. (tlfi:dingue) /

Orig. incert.; p.-ê. de dengue (cf. argot la dingue « le paludisme », 1890), ou de dinguer (GR) / Aphérèse de loufdingue (George, FM48) / Moins employé que dingot (Dech1918) /

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