cherrer

motdéfinitionrelationscitationsdatescommentaires

date : 1883 registre ancien : 8 fréquence : 21

cherrer & chérer v.tr.

Exagérer, grossir les choses, ne pas se gêner, se laisser aller, foncer, hâbler, se vanter, charrier, mentir, plaisanter ALL : übertreiben

Synonyme : exagérer, abuser, être culotté, vanter (se) Famille : cherrer

1935 Je promène le thermomètre au-dessus de la flamme, j'annonce : 37, 38, 39, 40. –Va pas à 43, dit Canellec, ce serait cherrer. –Non, contentons-nous de 40. 1935. Mer Noire 1935 L'espérance de quoi ? mon Pote, tu cherres ! 1935. Moi, le Dab, souteneur ! 1927 Qui ! Tu dis ? […] Tu cherres un peu ! 1927. A la revoyure - Nouvelles aventures des Pieds Nickelés, dans Les Pieds-Nickelés en Amérique (1921-1927) 1927 Vous cherrez, […] vous profitez de ce que nous sommes dans la mouscaille jusqu'au cou pour nous estamper 1927. A la revoyure - Nouvelles aventures des Pieds Nickelés, dans Les Pieds-Nickelés en Amérique (1921-1927) 1925 Messieurs les journalistes, fabricants de bobards et marchands de boniments, vous avez cherré 1925. Mon curé chez les pauvres 1918 Si le cuistot escomptait un effet, il l'a obtenu. Les exclamations grêlent : «Hein ?… Sans blague ?… Tu cherres !… Non, vrai, tu crois ? […]» 1918. Au seuil des guitounes 1918 Qui c'est qui veut faire école sur des zinc [sic] tout neufs ? –Le capitaine X..., l'adjoint tactique de l'armée. –Y cherre, le mec... […] «Pour cherrer, il cherre, l'adjoint ! […]» 1918. Notes d'un pilote disparu (1916-1917) 1918 P... les abat en série, un par jour. Et on ne cherre pas sur les homologations, ici ; je suis dur à la détente quand il s'agit d'attribuer les Boches aux pilotes, mais au moins un appareil que nous déclarons descendu est bien mort. 1918. Notes d'un pilote disparu (1916-1917) <8 citation(s)>

CHER(R)ER, (CHERER, CHERRER)verbe. Arg. [P. réf. au sens de cher « qui est d'un prix élevé »] Majorer un prix (cf. ESN. 1966) :

1. Il jeta une pièce de cinq francs sur le comptoir. L'aubergiste rendit la monnaie. À la grimace maîtrisée du Patron je devinai que le gargotier cherrait un peu, forçait le prix de la piquette. A. ARNOUX, Zulma l'infidèle, 1960, p. 251.

Loc. (région. et Canada). Être cher(r)ant. Vendre cher. Vous êtes pas mal chérant (R. GIRARD, Marie Calumet, Montréal, 1946, p. 73). Au fig. ,,Dépasser la mesure en actes ou en paroles`` (ESN. 1966). Rudoyer, rosser (quelqu'un), et absol., frapper fort (cf. ESN. 1966 et NOUGUIER, Notes manuscrites interfoliées au dict. de Delesalle, 1900). Se moquer exagérément (cf. charrier) :

2. Mais vous n'avez pas peur de moi, n'est-ce pas?... Faudrait pas trop cherrer, la gosse. Tu peux toujours t'amener... F. CARCO, Les Inoccents, 1916, p. 96.

Prononc. et Orth. : [], (je) chère [] (graph. chérer); [], (je) cherre [] (graph. cherrer). Chérer ds Ac. Compl. 1842 et Lar. 19e. Pour notre docum. ds NOUGUIER, Notes manuscrites interfoliées au Dict. de Delesalle, 1900, p. 66; G. ESNAULT, Notes complétant et rectifiant « Le Poilu tel qu'il se parle », 1956, pp. 143-147; L. LARCHEY, Dict. hist. d'arg., 2e Suppl., 1883, p. 34; Ch.-L. CARABELLI [Lang. pop.]. Cherrer ds QUILLET 1965. Pour notre docum. ds A.-L. DUSSORT, Journal 1929-34, ms. dép. par G. Esnault, 1953, p. 8; M. STÉPHANE, Ceux du trimard, 1928, p. 172; A. DAUZAT, L'Arg. de la guerre, 1918; SAIN. Tranchées 1973; C. LAMBERT, Le Lang. des Poilus, 1915; MARCUS, L'Arg. tel qu'on le parle, 1947; Ch.-L. CARABELLI, [Lang. pop.]; L. STOLLÉ, Douze récits historiques racontés en arg., 1947; A. BRUANT, Dict. fr.-arg., 1905; ROSSIGNOL, Dict. d'arg., arg.-fr. et fr.-arg., 1901; J. LACASSAGNE, L'Arg. du « milieu », 1928; F. DÉCHELETTE, L'Arg. des poilus, 1918. Les 2 graph. sont admises ds Lar. 20e, Lar. Lang. fr. Étymol. et Hist. a) Av. 1883 « frapper, battre » (Macé ds LARCH. Suppl., p. 34); 1901 cherrer « foncer dans » (BRUANT, p. 400); b) 1919 « forcer la dépense (au bridge) » (d'apr. ESN.); c) 1915 cherrer « exagérer » et « se moquer » (Le Poilu, no 4 ds SAIN. Tranchées, p. 140); 1915 « mentir, plaisanter » (C. LAMBERT, Le Lang. des poilus, p. 11). Prob. dér. avec dés. -er de cher* : du sens « prix élevé », on passe à celui de « forcer la dépense » puis au fig. de « exagérer » et de celui de « rude » (FEW, s.v. carus, p. 441b) à celui de « malmener, rudoyer » (v. ESN. Poilu; FEW, s.v. carus, pp. 441-442). (TLFi) /

Ce mot a été rendu célèbre par les Poilus de l'Argonne, frères de nos Poilus de Woëvre, alors que devant la trop fameuse fontaine de X..., où, par suite d'un accord tacite, Poilus et Boches voulant outrepasser le temps qui leur était tacitement accordé, un de nos Troglodytes s'est avancé vers eux en criant en pur langage poilu : « Dites donc les Boches, je crois que vous cherrez un peu !... » Dans ces diverses acceptions, cherrer paraît être le doublet provincial du parisien charrier quelqu'un, s'en moquer (en wallon, on dit cherri pour charrier) (SAIN-TRANCH) / Corruption de charrier, ou idée d'exagérer en surenchérant (AYN) / De cher, d'abord «frapper, foncer», puis sens mod., 1915 ; de cher (GR) / Gauthiot y voit un ancien parisianisme et pas une nouveauté comme le dit Sainéan (Dauzat1918) /

Enrichir la notice. Si vous connaissez une source ancienne, une première attestation méconnue, ou si vous pouvez compléter l'étymologie ou corriger une erreur, cette notice a besoin de votre aide. Écrivez et postez. (aide)

Signature Code 889