jean-jean

date : 1826 registre ancien : 5 fréquence : 4

jean-jean

& Jean-Jean

■ (mil.) Conscrit maladroit ; ■ (par ext.) imbécile, bête, naïf

Usage : militaire, guerre

1826 Mais il dit comme ça que vous lui enlevez toutes ses anciennes connaissances… tous les anciens vont boire chez vous. FRINGANT. –Aux bons lapins… ils sont là à leur poste… et les jeunes conscrits vont chez vous, au moulin d'amour ; c'est justement ce qui me taquine. VICTOIRE. –Ah ! mon Dieu, je n'y tiens pas… ils ont l'air si maladroit, c'est des vrais Jean-Jean. FRINGANT. –Oui ! des Jean-Jean… Encore hier, là… vous étiez assise avec l'enfant de la mère Cholet. Vous teniez son pantin sur vos genoux… et j'ai entendu un Jean-Jean qui vous disait : « Je voudrais t'être seulement à la place du Porichinelle [sic]. » 1826. Les jolis soldats 1911 Pigez-moi ce canard-là qui se rince avec du sirop de grenouilles !… À ton âge !… Heureusement qu'un canard ça sait aussi bien nager qu'un brochet, et qu'il y a l'espoir que tu ne te fasses pas flotter dans l'aquarium… Tout de même, tu es trop Jean-Jean ! 1911. Le journal à Nénesse 1911 Puisque c'est ton idée de te donner de l'air, eh bien à la revoyance, joli brun ! et fais attention aux voitures… À quoi que ça sert que tu restes là, à faire ta dalle comme un jean-jean… 1911. Le journal à Nénesse <3 citation(s)>

JEAN(-)JEAN, JEANJEAN,(JEAN JEAN, JEAN-JEAN), subst. masc. et adj. inv. Péjoratif I. − Subst. masc., pop., vx. Conscrit fraîchement incorporé dans l'armée, à qui l'expérience fait défaut. Le conscrit par sa tenue, démentira les inventions (...) des rimeurs de chansonnettes, habitués à le ridiculiser sous les qualifications de Jean Jean et de piou-piou (E. de La Bédollière, Français peints par eux-mêmes, t. 5, L'Armée, 1842, p. 41). − P. ext., fam. Personne simple et niaise. Synon. nigaud, sot. Selon les Boche, au contraire, la blanchisseuse, dès la première nuit, s'en était allée retrouver son ancien époux, aussitôt que ce jeanjean de Coupeau avait ronflé (Zola, Assommoir, 1877, p. 611). II. − Adj., fam. Qui est niais et maladroit. Cet abbé Plomb, il a l'air d'un sacristain effaré (...) et il semble si mal à l'aise, si jean-jean, si gauche (Huysmans, Cathédr., 1898, p. 60). Je viens de terminer la première partie de mon roman (...). C'est un peu popote, un peu jeanjean ; mais cela se boira agréablement, je crois. [à Huysmans] (Zola, Corresp.,1902, p. 479). Prononc. : [ʒ ɑ ̃ ʒ ɑ ̃]. Étymol. et Hist. A. Subst. 1. 1828 « conscrit » (Jouslin de La Salle, Les Dix francs de Jeannette, p. 8); 2. 1858 « personne simple et niaise » (Larchey, avec citat. d'aut.). B. Adj. 1898 « qui est niais, maladroit » (Huysmans, loc. cit.). Réduplication de jean au sens de « sot, niais » (vers 1515 jouen, Les Sots nouveaulx, farcez, couvez ds Recueil général des Sotties, éd. E. Picot, t. 2, p. 189, 93 et 1534-58 jean, Bonaventure des Périers, Nouvelles récréations, 63 ds Hug.); du prénom lat. Johannes (cf. FEW t. 5, p. 48b-49a). Bbg. Quem. DDL t. 10 (tlfi:jeanjean) /

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