Capitaine Z…, L'armée de la guerre

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Titre : L'armée de la guerre
Auteur : Capitaine Z… (Thomas)
Date : 1916
NbEditions : 1
NbMots :
Mots clés : militaire
Contributeurs : gb
Discussion

Capitaine Z…, L'armée de la guerre

« l'argot des tranchées est la dernière forme de l'argot des voyous parisiens. »

Capitaine Z…, L'armée de la guerre, 1916

Référence (1916)

  • 1916 - Capitaine Z… L'armée de la guerre. Paris, Librairie Payot et Cie, 1916. 12×18,8 cm, 255 pages.
capitaine-z-armee-de-la-guerre-1916-000.JPG: 600x800, 65k (05 avril 2014 à 18h42) capitaine-z-armee-de-la-guerre-1916-000b.JPG: 600x800, 46k (05 avril 2014 à 18h42) capitaine-z-armee-de-la-guerre-1916-001.JPG: 800x600, 77k (05 avril 2014 à 18h41)

Commentaire (1916)

  1. Ne semble pas contenir de lexique argotique mais contient un chapitre sur le sujet, peu favorable à la diffusion de cet argot :
    • « l'Argot des Tranchées.
      La guerre ne transformera peut-être pas en petit saints les apaches, mais elle habituera sans nul doute les jeunes gens de la bourgeoisie à parler comme des apaches. Déjà les fiancés émaillent leurs déclarations et protestations épistolaires de termes dont ils ignorent la crapuleuse origine; et les mamans prononcent, en tricotant des chaussettes, des vocables dont le sens second leur demeure fort heureusement voilé, car si on le leur exposait, elles tomberaient aussitôt en pâmoison.
      La guerre aura eu pour résultat d'introduire l'argot des tranchées dans la vie courante. M. Sainéan, spécialiste des recherches sur l'argot, dans son ouvrage sur l'Argot des Tranchées d'après les lettres des poilus et les journaux du front, voit dans cette entrée de l'argot dans la vie courante un heureux enrichissement de notre langue « Source de vie intense et d'énergie nouvelle, écrit-il, la guerre actuelle ne laissera pas d'exercer une action féconde sur toutes les manifestations de la vie sociale. Parmi celles-ci, la plus vivante, le langage populaire parisien, en porte d'ores et déjà des traces de renouvellement. Des termes qui, avant la guerre, restaient confinés dans des milieux spéciaux, ont acquis, à la lumière des événements tragiques que nous venons de traverser, un relief inattendu, et d'isolés qu'ils étaient, sont en train d'entrer dans le large courant de la langue nationale. » Et M. Sainéan cite comme exemples les mots Boche, poilu, zigouiller, marmite, boulot, crapouillot…
      Il est permis de se demander si cet enrichissement de la langue est heureux, au point de vue de la langue elle-même.
      Au reste, puisqu'il n'est pas temps encore de s'occuper de la langue française, je noterai seulement deux points, à propos de cet argot de tranchées.
      D'abord que nombre de soldats, dans la tranchée, continuent à parler leur langue propre, qui est tantôt le français non argotique, et tantôt le provençal, le breton, l'un quelconque des nombreux patois que l'on parle en France. Il existe dans notre armée des milieux qui ne sont pas envahis par l'argot et qui même ne cherchent ni ne tiennent à l'être.
      Ce serait donc une erreur chez le civil de croire que pour se mettre à l'unisson du militaire, il doit lui parler argot. Beaucoup de militaires sont dégoûtés par cette intrusion dans le domaine de leur vie privée d'un argot qui ne leur rappelle guère que les jours les plus durs de leur existence. Donc, qu'on laisse l'argot de tranchées aux poilus, s'ils veulent l'employer entre eux, et que les civils continuent à parler français aussi correctement qu'ils peuvent. Et toutes choses seront à leur place: l'argot à la tranchée et le français dans les salons et au foyer familial.
      D'autre part, comme le dit très bien M. Sainéan, « l'argot des tranchées n'est qu'un fragment de l'argot parisien, et celui-ci la quintessence des éléments viables à toutes les époques, mais surtout des parlers professionnels et provinciaux de la première moitié du XIXe siècle. Parmi ces contributions spéciales qui ont alors afflué de tous côtés, celles apportées par les malfaiteurs ne sont ni les moins nombreuses, ni les moins caractéristiques. Les soldats, les marins, les ouvriers de toutes spécialités ont tour à tour fourni leurs contingents, ces apports sont venus se fondre dans le creuset unique qui est l'idiome vulgaire parisien. Celui-ci est actuellement parlé par des millions de Parisiens et de provinciaux, par les masses compactes du peuple. On peut même soutenir, jusqu'à un certain point, que l'argot parisien de nos jours, organe exclusif de toutes les basses classes de la capitale et de la France, représente réellement la seule langue vivante, qui bat à l'unisson de l'âme populaire et qui reflète les transformations immédiates de la vie sociale. L'argot des tranchées n'en est, sous ce rapport, que sa manifestation la plus récente. »
      De ce point de vue d'historien de la langue qui s'intéresse surtout à ses modifications, ne retenons que ceci : l'argot des tranchées est la dernière forme de l'argot des voyous parisiens. Lorque vous l'employez, Madame, vous parlez comme le chiffonnier, la harengère, le souteneur… Cette constatation est-elle faite pour vous séduire? » (Source : http://www.greatwardifferent.com/).
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