« J’te vas lâcher un pain, 1890? | DocumentsArgotiques | À ma Joséphine (Célestine ou la marmite qui fuit), 1890? »
LA TOURTERELLE dans
Laurent (Dr Emile). Les habitués des prisons de Paris
J’ai débuté à Montparnasse
A fréquenter les jeunes gens.
Ils étaient tous de mon âge,
Et moi j’étais le plus vaillant.
Partout on vantait mon courage ;
Aussi ma jambe en fut le prix
Un jour, au milieu du tapage,
Que je me battais pour les amis.
Il faut, ma Tourterelle,
Fuir à jamais Paris,
Pour une bagatelle.
Adieu donc, mes amis !
Ma douleur est cruelle !
Adieu donc, mes amis !
Rue de la Gaîté, dans tous les bals,
J’étais connu, j’étais gobé.
Je fauche un jour les mille balles ;
Tous mes amis ont bien soiffé.
Mais l’arnac un beau jour arrive,
Conduit par une sale goton.
N’y avait pas plan que je m’esquive,
Voilà pourquoi j’suis dans l’ballon.
Adieu, amis, chers camarades.
Je fus toujours un bon garçon,
Ennemi de l’humeur maussade,
Très mauvaise tête, mais le cœur bon.
Mais je regrette, douleur amère,
En partant pour les travaux.
Je laisse là ma vieille mère
Qui prit soin de moi au berceau.
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