Fuligni (Bruno). La parlotte de Marianne

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Titre : La parlotte de Marianne
Auteur : Fuligni (Bruno)
Date : 2009
NbEditions : 1
NbMots : 1000
Mots clés : politique
Contributeurs : gb
Discussion

Fuligni : La parlotte de Marianne

Fuligni, La parlotte de Marianne, 2009

Référence (2009)

  • 2009 - Bruno Fuligni. La parlotte de Marianne. L'argot des politiques. 1000 mots d'argot politique. Couv. illustrée par Cabu, nbreuses ill. dans le texte. Horay (Cabinet de curiosité), 2009. 16×16 cm, 267 pp. ISBN:2705804676 (Source : libraires en ligne)
fuligni-parlotte-de-marianne-2009-1.jpg: 500x500, 53k (04 novembre 2009 à 03h09)

Commentaire (2009)

  1. À proprement parler, il s'agit plutôt d'un dictionnaire de la langue politique au sens large (politique, journalisme, histoire parlementaire, procédure constitutionnelle, droit administratif, pamphlets) que d'un dictionnaire d'argot politique tel qu'on l'attendrait (où l'on trouverait sûrement de quoi désigner les bonnes places et autres filons rémunérateurs, les niches et les pantouflages, les porteurs de valises, les électeurs bidons, etc.) Assez riche (le champ visé est immense), notices plus ou moins décentes (souvent superficielles), généralement pas de dates ni d'attestations, forte dimension historique et culturelle. Sont regrettables : l'absence d'indicateur du registre et l'absence de la source (bien des entrées sont de type journalistique : coup de pouce, photo de famille, présidentiable, etc.) Donne l'impression d'avoir été rédigé par l'abonné du Canard Enchaîné ou un journaliste politique, voire un étudiant de Sciences Po, de droit ou de l'ENA, bien préparé pour l'examen de culture générale, plutôt que par un politicien ou un attaché parlementaire. Quelques entrées : Girondin, JO, phalanstère, europhobe, navette, petite révision, gauche caviar, entrer dans la carrière... Ensemble intéressant malgré tout mais superficiel et souvent éloigné du sujet annoncé (cf. gerboise bleue = nom de la première bombe atomique française) : au lieu d'argot il faut entendre « clichés, jargon, tics de langage », vocabulaire général de la vie politique en somme. (gb)
  2. Présentation officielle : « Les hommes politiques aussi ont leur argot, pittoresque et méconnu. Notre époque n'est pas avare de néologismes, comme l'attestent des inventions aussi parlantes que le bling-bling, la Firme, le Sarkoland et la datillotine. Mais le millier de mots recensés dans ce livre nous fait revivre aussi des épisodes lointains, des tendances oubliées de la vie politique française. Qui ouvrira encore l'armoire de fer ou le cagibi des belles madames ? Que sont devenus les bousingots et les burgraves, les mascurauds et les blocards ? Où siégeaient les puritains, les matois, les arcadiens, les aragouins, les picrocholins ? Les Jeunes Turcs, qui n'étaient pas des mamelucks, réprouvaient-ils la danse du ventre ? Les guesdos ont-ils voté le dromadaire ? L'inventeur du tamisier est-il dans le Barodet ou dans le Pierre ? Trouve-t-on toujours des deputados chez ma tante ? Quand la simyanette a-t-elle remplacé la mougeotte ? Qu'est-ce qu'une ragusade, une couesnonnade, une transnoninade ? Est-il bien ou mal de ronsiner, camboniser, bentaboliser ? Vaut-il mieux sortir par la porte de Tellier ou par la grille du coq ? Pourquoi le lavelua dispose-t-il d'un kivalu, alors que le tuisigave et le tuiagaifo n'en ont pas ? Autant de questions essentielles auxquelles les initiés ne seront plus seuls à répondre... S'il est naturel que les hommes politiques aient leur jargon, il faut aussi que tout citoyen puisse le comprendre. Ce lexique rie revendique que le charme du pittoresque ; mais il est peut-être indispensable. »
  3. Présentation AFP (mercredi 8 avr, 06 h 13) « Des "affreux" aux "zozos", l'historien Bruno Fuligni recense dans "La parlotte de Marianne" (Horay) le meilleur de l'argot politique qui prolifère depuis la Révolution française. Et l'époque actuelle est riche en "pipolisation", "ségolisme" et autres "bling-bling". La politique ne produit pas seulement des discours, elle crée aussi ses propres mots et expressions, moqueuses, techniques ou infamantes, qui font le jargon du métier. Un argot que le citoyen doit connaître pour tout savoir sur "le cagibi des belles madames" et comprendre ce que mijotent les "bédouins". "La force de ces expressions, c'est qu'un ou deux petits mots, souvent assez malicieux, condensent beaucoup de choses", explique Bruno Fuligni, auteur de plusieurs ouvrages sur les singularités politiques. En 1.000 mots, l'ouvrage se présente comme un petit dictionnaire du vocabulaire politique depuis la naissance des institutions démocratiques. Cela commence en 1789 avec l'apparition du "côté droit" et du "côté gauche" et procède par à-coups en fonction des périodes de tension. "On a des feux d'artifice. La Révolution invente la droite et la gauche. De même, les années qui précèdent et suivent 1848 et l'apparition du suffrage universel sont particulièrement prolifiques", souligne Bruno Fuligni. Les politiques eux-mêmes inspirent leur propre jargon. La "Sarkozye", les "jupettes", la "balladurette", sont bâties sur ce principe, comme les "guesdos" qui désignaient au début du XXe siècle les partisans de Jules Guesde. Le bestiaire est également fourni. Les "éléphants" du PS y côtoient le "mammouth" de l'Education nationale, les "caméléons" qui changent de couleurs comme de convictions ou les "taupes" qui infiltrent partis et organisations. Très répandu également, le suffixe en "ard" est typique des mots infamants. Avec les "combinards", les "chéquards", les "capitulards", les "cumulards"... Mais il arrive aussi que les personnes ainsi désignées par leurs adversaires s'approprient le vocable, comme les "dreyfusards" ou les "communards". Certaines expressions s'installent dans le paysage : le "château", la "gauche caviar" ou les "crânes d'oeuf" (pour désigner les énarques). D'autres, comme les "nonistes" ou la "mitterrandie", n'ont vécu qu'une saison. Et le fameux "cagibi des belles madames", où patientaient les épouses, amies et maîtresses à la Chambre des députés, n'est plus qu'une référence historique. Le quinquennat Sarkozy est fertile en néologismes. "Ca doit nous inquiéter parce qu'il y a depuis trois ans une production intense de néologismes politiques : Sarkoland, le bling-bling... Il y a une production qui montre qu'on est dans une période d'effervescence politique", note Bruno Fuligni. Les mots-valises, comme l'"omni-présidence", l'"égo-présidence", fleurissent et la presse n'hésite plus à populariser des mots de conversations de couloirs. Au terme de ses recherches, l'auteur garde sa confiance dans les jargonneurs de la politique : "Il n'y a pas de volonté d'obscurité, de ne pas être compris des électeurs. Ce sont simplement des raccourcis pour gagner du temps. Et si on s'intéresse à la politique, il faut connaître les mots de la politique". »

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