anonyme. Mémoires d'un forban philosophe (et : Les Voleurs, les Mouchards et les Pendus)

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Titre : Mémoires d'un forban philosophe (et : Les Voleurs, les Mouchards et les Pendus)
Auteur : anonyme
Date : 1829, 1829?
NbEditions: 2
NbMots : 200
Mots clés : arg
Contributeurs : gb
Discussion

anonyme : Mémoires d'un forban philosophe (et : Les Voleurs, les Mouchards et les Pendus)

anonyme, Mémoires d'un forban philosophe, 1829

Référence (1829)

  • 1829 - anonyme. Mémoires d'un forban philosophe. Paris, Moutardier, libraire, rue Git-le-Cœur, n°4., 1829. Imprimerie de Guiraudet ; 1 vol. in-8 de III (avis de l'éditeur) et 331 pp. Précédé d'un catalogue paginé de 8 pp. de la Librairie de Moutardier. (Source : YP-120 ; gb ; etc.)
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Commentaire (1829)

Censure et interdiction de l'ouvrage
  1. « Cet ouvrage fut supprimé dès son apparition. – On y rencontre beaucoup de passages argotiques, notamment de la p. 80 à la p. 184, et p. 190. » (YP-120)
  2. « Les Mémoires d'un forban philosophe, anonymes, sortent le 19 ou le 20 mai 1829, et paraissent avoir été saisis dans la quinzaine suivante. » ; « L'histoire de l'ouvrage est enveloppée d'obscurité. Sitôt paru, il est saisi et détruit par la police de Charles X ; non pas pour des raisons de convenance sociale (l'argot et le récit lui-même), mais pour des raisons politiques. Inconnu de nous jusqu'à de meilleures recherches, l'auteur ne l'était certainement pas de la police royale, qui devait le tenir à juste titre pour un républicain dangereux [...] Ainsi considérés, les Mémoires étaient bien plus subversifs que le réquisitoire du jeune Hugo contre la peine de mort dans Le Dernier Jour d'un condamné, qui est de la même année que les Mémoires, parus en 1829 (ou peut-être même dès 1827 ?) chez Moutardier, libraire, 4, rue Gît-le-Cœur. À en croire leur présentateur, le manuscrit des Mémoires aurait été remis à un voyageur de passage, français, par son auteur (français aussi, bien sûr), à la veille d'être pendu haut et court par les Anglais pour rébellion. » (Cellard (Jacques). Anthologie de la littérature argotique, p. 83 et p. 103).
  3. « La fortune éditoriale et littéraire des Mémoires d'un forban philosophe est assez singulière. Ce récit de 331 pages a été publié dans le courant du mois de mai de l'année 1829 à Paris par le libraire Pierre A. Moutardier dont le commerce se trouvait au numéro 4 de la rue Gît-le-Cœur dans le quartier de la librairie traditionnelle et sérieuse. La grande sévérité de la censure de la fin des années 1820 explique en partie que l'ouvrage soit si peu connu. » (Aquino-Weber 2009, pp. 262-263).
  4. Saisi ou pas, l'ouvrage apparaît toujours sur le catalogue de l'éditeur, en 1835, avec cette présentation : « Les Mémoires d'un Forban philosophe ne sont autre chose que la vie d'un marin célèbre qui a passé par toutes les étamines : infamie des prisons et des galères, meurtres, crimes, trahisons, assassinats, tout s'y trouve mis au grand jour par l'auteur lui-même, qui rachète en quelque sorte ses forfaits par des réflexions philosophiques, trop hardies, sans doute, mais qui relèvent toujours son récit. »
    catalogue-moutardier-1835-fille-du-proletaire-1.png: 446x798, 36k (18 novembre 2009 à 01h57)
Recherche en paternité
  1. Selon Aquino-Weber 2009, l'auteur anonyme est « un certain R. Buchez » ; elle précise en note sa source : « Cet auteur dont l'identité reste encore incertaine est par ailleurs inconnu. En 1879, Victor Hugo demanda à Julie Chenay de réaliser, entre autres, un inventaire des ouvrages présents dans sa maison de Guernesey. Sur l'une des fiches apparaît un exemplaire des Mémoires d'un forban philosophe ; il est précisé que l'ouvrage est “[non signé]” mais donne tout de même le nom de R. Buchez. Ces inventaires font partie des documents mis en ligne par le groupe Hugo(valider les liens) de l'Université de Paris 7 ».
    1. La notice citée indique : « Buchez (R.) [non signé] / 1829 Mémoires d’un forban philosophe / Paris : Moutardier, [1829], in-8° de 331 pp. / Réf. : BF : 1829.05.23 n° 3216 — BN : 8-L15-108 / Bibliothèque de Victor Hugo à Hauteville-House [Disparu : mentionné dans l’Inventaire "local" de J. Chenay] - relié / Chenay L 14-67/05 — B025d ». Avec un lien vers une note précisant : « On sait que VH utilisa cet ouvrage pour son étude sur l'argot dans les Misérables. On trouve dans les ms des notes prises sur ces mémoires (1) par Adèle Hugo (ms 13423, f° 5) et (2) par Léonie d'Aunet (ms 24744, f° 644-45 et 751-754). »
    2. Sur l'utilisation de cet ouvrage par Hugo, pour les Misérables, voir Journet et Robert, Le manuscrit des Misérables, Annales littéraires de l'U. de Besançon, 1963, p. 36 qui relèvent cette indication préparatoire de Hugo : « Compléter l'argot (forban philosophe détails sur la carte d'espion de Javert. Pigritia est un mot terrible, etc.) » et éclaircissent « L'indication forban philosophe a été élucidée par G. Huard (RHLF, juillet-sept. 1960, pp. 382 sq.) : il s'agit des Mémoires d'un forban philosophe, 1829 (anonyme). Mme d'Aunet en avait, dès avant l'exil, fait des extraits (24.744, f° 744-5) que Hugo a utilisés en différents endroits du roman. »
      journet-robert-manuscrit-miserables-1963-p36.png: 471x308, 28k (18 novembre 2009 à 01h22)
  2. Ziwès (Armand) et Bercy (Anne de). Le jargon de Me François Villon écrit que l'auteur est Raban : confusion avec les Mémoires d'un forçat, attribué à Raban et Marco St-Hilaire ? (gb)
Lexique
  1. 240 occurences argotiques, dont 196 différentes ; « le texte ne contient que très peu d'argot d'argot attesté avant la Révolution mais fait place à de nombreux lexèmes dont la première attestation se situe en 1790 et 1829, soit de l'argot contemporain déjà attesté. [...] une part importante ne figure dans aucun dictionnaire ni répertoire antérieur à 1829. » (Aquino-Weber 2009)

anonyme, Les Voleurs, les Mouchards et les Pendus, sd [1829?]

Référence (sd [1829?])

  • sd - anonyme. Les Voleurs, les Mouchards et les Pendus. Paris, chez les Marchands de nouveautés, sans date [1829]. In-8 broché de 331-(1) pp., couverture imprimée. (Source : notice Bonnefoi(valider les liens), catalogue 79 ; Librairie de Sèvres, Décembre 2003, Catalogue n° 10, n° 335(valider les liens))

Commentaire ([1829?])

  1. Le lien entre les Mémoires d'un forban philosophe et l'ouvrage Les voleurs, les mouchards et les pendus est très probable, et le second pourrait fort être la réédition, sous un nouveau titre, du premier. Jusqu'à preuve du contraire, je rédige les notices dans la même page.
    1. Notice Bonnefoi de Les Voleurs, les Mouchards et les Pendus dit : « Très rare édition des Mémoires d'un Forban philosophe, ouvrage anonyme supprimé dès son apparition en 1829, vendue sous le manteau, sans autorisation sous un nouveau titre. Le corps de l'ouvrage est identique, l'éditeur a tout juste imprimé une nouvelle page de titre et une couverture portant : Les Voleurs, les Mouchards et les Pendus. La préface reprend les mêmes appréciations de l'éditeur : “Le lecteur qui se nourrit des Mémoires de Vidocq et de ses familiers pourra-t-il goûter les charmes des productions d'une imagination réglée et brillante? Non sans doute : il faut pour dessiller ses yeux, pour le détourner de la fausse route, il faut qu'il voie l'horreur jusque dans sa dégoûtante nudité (...). Les Mémoires d'un Forban philosophe peuvent en ce sens être considérés comme un véritable antidote contre la dépravation du goût ; c'est le dernier degré d'horreur auquel on puisse arriver. Jamais on a produit rien de plus épouvantable: licence de la soldatesque, débordements des lieux de débauche, infamies des prisons et des galères, meurtres, crimes, trahisons, assassinats, (...). L'éditeur espère que ces Mémoires seront le dernier sacrifice offert au goût du jour, et que la littérature des criminels sur son déclin pâlira désormais devant le dégoût du public éclairé”. Aucun exemplaire dans les bibliothèques ; Yves-Plessis, Bibliographie raisonnée de l'argot (120), ne mentionne pas d'exemplaire sous ce titre. »
    2. Notice Bonnefoi de son exemplaire en vente du Forban philosophe dit : « Edition originale de toute rareté. L'ouvrage fut supprimé dès sa parution. L'éditeur précise dans sa préface : “Le lecteur qui se nourrit des Mémoires de Vidocq et de ses familiers pourra-t-il goûter les charmes des productions d'une imagination réglée et brillante ? Non sans doute : il faut pour dessiller ses yeux, pour le détourner de la fausse route, il faut qu'il voie l'horreur jusque dans sa dégoûtante nudité (...). Les Mémoires d'un Forban philosophe peuvent en ce sens être considérés comme un véritable antidote contre la dépravation du goût ; c'est le dernier degré d'horreur auquel on puisse arriver. Jamais on a produit rien de plus épouvantable : licence de la soldatesque, débordements des lieux de débauche, infamies des prisons et des galères, meurtres, crimes, trahisons, assassinats (...) L'éditeur espère que ces Mémoires seront le dernier sacrifice offert au goût du jour, et que la littérature des criminels sur son déclin pâlira désormais devant le dégoût du public éclairé”. Malgré l'interdiction de paraître, ces mémoires connurent une remise en vente avec un nouveau titre : Voleurs (les), les Mouchards et les Pendus, à Paris, chez les Marchands de nouveautés, sans date ; le livre était vendu sous le manteau, sans autorisation. Le corps de l'ouvrage était identique, l'éditeur avait tout juste imprimé une nouvelle page de titre et une couverture portant Les Voleurs, les Mouchards et les Pendus. »
  2. Les informations sur Les Voleurs, les Mouchards et les Pendus sont très rares mais ouvrent des pistes de recherche, en direction de la Belgique notamment :
    1. Piste : Beurier : Cité au numéro 1307 du Catalogue de la bibliothèque de feu M. Arthur Dinaux, première partie, 1864 : « 1307. Les Voleurs, les Mouchards et les Pendus. Paris, s. d., in-8, dem.-rel., v. f., n. rog., fig. aj.
      L'auteur est Beurier. Cet ouvrage singulier et hardi paraît avoir été imprimé en Belgique, en 1829. Presque tous les exemplaires ont été détruits à leur naissance ; le très-petit nombre qui reste n'a pas été mis dans le commerce. » Drujon, Essai bibliographique sur la destruction volontaire des livres, reprend ces informations au n°266.
      dinaux-notice-1307-voleurs-mouchards-pendus-1864-1.png: 575x983, 51k (17 novembre 2009 à 22h12)
    2. Piste : M. François, de Mons. Apparaît aussi à l'article Argot de Les sociétés badines, bachiques, littéraires et chantantes. Leur histoire et leurs travaux. Ouvrage posthume de M. Arthur Dinaux revu et classé par M. Gustave Brunet, tome premier, 1867 : « Enfin, le livre fort rare intitulé : Les Voleurs, les Mouchards et les pendus, Paris (sans date et sans nom d'imprimeur), chez les marchands de nouveautés (vers 183o) in-8, de 331 pages, attribué à un M. François, de Mons, donne beaucoup de renseignements et répand quelque lumière sur la langue singulière de l' Argot. »
    3. À la piste belge, deux éléments mineurs à ajouter :
      1. Mon exemplaire des Mémoires du forban philosophe vient d'une bibliothèque belge où, me dit le vendeur, « il est resté depuis son achat au XIXe s. » (gb)
      2. Un exemplaire de Les voleurs, les mouchards et les pendus a été vendu aux enchères à Bruxelles : Vente Ferraton - Vente du Vendredi 21 septembre 2007 - Ferraton - Bruxelles - Lot 411 : Les Voleurs, les Mouchards et les Pendus. - Les Voleurs, les Mouchards et les Pendus. - P., Chez les Marchands de Nouveautés, s.d. (ca 1830), 8°, 331 p., demi-basane Cognac, dos à 5 nerfs, pièce de titre bleue, couv. cons., rouss. Ouvrage rare et curieux en argot parisien (pas dans Barbier). »

Bibliographie spécialisée


Changements récents du groupe Argot