anonyme. En revenant de la barrière (chanson argotique)

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Titre : En revenant de la barrière
Auteur : anonyme
Date : 1890? (fin XIXe ?)
NbEditions :
NbMots :
Mots clés : source
Type : chanson
Contributeurs : gb
Discussion

anonyme : En revenant de la barrière

Texte

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En revenant d'la barrière,
Sortant de me chigner,
Je rencontre sans lisière,
Un linge à s'ballader ;
C'est une bonne fortune ;
Je lui dis sans façon :
Mon p'tit trognon.
Voilà qu'est bon.

Ma petite demoiselle,
Veux-tu me donner le bras ?
Non, me répond Estelle,
Je ne vous connais pas.
Ne fais pas la crâneuse
Ou j'te lâche un bochon.
Voila qu'est bon !

Arrivés près de la porte,
La petite veut crâner ;
Deux aminches la déportent,
Et gare aux coups de soulier !
V'là la patrouille qu'arrive,
Nous flanque tous au violon.
Voilà qu'est bon !

Monsieur le commissaire,
Nous sommes trois jeunes gens
Qui n'demandent qu'à bien faire
Quand nous avons d'l'argent ;
Mais quant à mademoiselle
C'est un vieux torchon.
Voilà qu'est bon !

Assez d'vos politesses,
Vous êtes tous des filous ;
Donnez-moi vos adresses.
Foutez-moi le camp chez vous ;
Mais pour la demoiselle,
Qu'on la garde au violon.
Voilà qu'est bon !

Si c'est la vie suivie
Que les Parisiens font,
Divisez en partie
Comment qu'ils seront :
La moitié pour Poissy
Et puis l'autre pour Toulon.
Voilà qu'est bon!


Sources

  • Le texte de la chanson En revenant de la barrière se rencontre dans :
    • Laurent (Dr Émile). Les habitués des prisons de Paris (1890), précédé de cette introduction : « Enfin voici une dernière composition fort en honneur chez les « mangeurs de blanc » qui la chantent dans leurs scènes d'orgie. On y dit les douceurs et les avantages du métier ; on y dit la femme méprisée et sacrifiée ; c'est en quelque sorte une marseillaise des « dos verts ». Elle m'a été communiquée par un individu que j'avais opéré d'un phimosis très-gênant, individu fort goûté parmi ces dames qui vivent sur les hauteurs de Belleville. Pour me remercier, selon son expression, de lui « avoir fait une verge pour aller dans le monde », il me fit cadeau de la chanson de la compagnie. On la chante entre deux absinthes, le soir. »

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