« Un jour avec ma largue, 1881 | DocumentsArgotiques | Il est minuit, 1890? »
En revenant d’la barrière,
Sortant de me chigner,
Je rencontre sans lisière,
Un linge à s’ballader ;
C’est une bonne fortune ;
Je lui dis sans façon :
Mon p’tit trognon.
Voilà qu’est bon.
Ma petite demoiselle,
Veux-tu me donner le bras ?
Non, me répond Estelle,
Je ne vous connais pas.
Ne fais pas la crâneuse
Ou j’te lâche un bochon.
Voila qu’est bon !
Arrivés près de la porte,
La petite veut crâner ;
Deux aminches la déportent,
Et gare aux coups de soulier !
V’là la patrouille qu’arrive,
Nous flanque tous au violon.
Voilà qu’est bon !
Monsieur le commissaire,
Nous sommes trois jeunes gens
Qui n’demandent qu’à bien faire
Quand nous avons d’l’argent ;
Mais quant à mademoiselle
C’est un vieux torchon.
Voilà qu’est bon !
Assez d’vos politesses,
Vous êtes tous des filous ;
Donnez-moi vos adresses.
Foutez-moi le camp chez vous ;
Mais pour la demoiselle,
Qu’on la garde au violon.
Voilà qu’est bon !
Si c’est la vie suivie
Que les Parisiens font,
Divisez en partie
Comment qu’ils seront :
La moitié pour Poissy
Et puis l’autre pour Toulon.
Voilà qu’est bon!
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