anon. Un jour à la Croix-Rouge (chanson argotique)

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Titre : Un jour à la Croix-Rouge
Auteur : anon.
Date : 1835
NbEditions :
NbMots :
Mots clés : source
Type : chanson
Contributeurs : gb
Discussion

anonyme : Un jour à la Croix-Rouge / Un soir à la Croix-Rouge

Texte

Première version(?), 1829

[D’après la version donnée dans Vidocq1828 (t.3, Ternon, p. 95).]

Un jour, à la Croix-Rouge,
Nous étions dix à douze,
Tous grinches de renom ;
Nous attendions la sorgue,
Voulant poisser des bogues
Pour faire du billon. (bis)

Partage ou non-partage,
Tout est à notre usage ;
N'épargnons le poitou.
Poissons avec adresse
Messières et gonzesses,
Sans faire de regoût, (bis)

Dessus le pont au Change,
Certain Argent-de-change
Se criblait au charron.
J'engantai sa toquante,
Ses attaches brillantes,
Avec ses billemonts. (bis)

Quand douze plombes crossent,
Les pègres s'en retournent
Au tapis de Montron.
Montron ouvre ta lourde,
Si tu veux que j'aboule
Et piausse en ton bocson. (bis)

Montron drogue à sa larque,
Bonnis-moi donc giroffle
Qui sont ces pègres-là ?
Des grinchisseurs de bogues,
Esquinteurs de boutoques,
Les connobres-tu pas ? (bis)

Et vite ma culbute ;
Quand je vois mon affure
Je suis toujours paré.
Du plus grand coeur du monde
Je vais à la profonde
Pour vous donner du frais. (bis)

Mais déjà la patrarque,
Au clair de la moucharde,
Nous reluque de loin.
L'aventure est étrange,
C'était l'Argent-de-change
Que suivaient les roussins. (bis)

A des fois l'on rigole,
Ou bien l'on pavillonne,
Qu'on devrait lansquiner.
Raille, griviers et cognes,
Nous ont pour la cigogn
Tretous marrons paumés. (bis)

Variante, 1834?

[D’après la version donnée dans Chabot1834, pp. 61-62.]

Un soir à la Croix-Rouge
Nous étions dix à douze,
Tous Charles de renom.
Nous attendions la brune
Pour maquiller les tunnes
Et y faire du billon.

Dessus le pont au Change
Certain valet de chambre
S'écria au charron ;
Et moi qui suis bon drille,
Sûr, je vais droit au pentre
Enganter son chasson.

Son chasson, sa toquante,
Ses attaches brillantes,
Ses passifs radoucis,
Son frusque et sa lisette,
J'ai enganté sans cesse,
Puis j'ai défouraillé.

Voilà onze plombes qui crossent :
La troupe s'en retourne
Au logis de Moutrot,
Mais je suis paumé marron ;
Moutrot, débâcle la lourde,
Si tu veux que j'aboule
Dedans ton taudion.

Moutrot dit à ses marcs,
Qui sont belles et girofles :
Qui sont ces marpeaux-là ?
Ces enganteurs d'attaches,
Ces maquilleurs d'ampafles ;
Ne les conobles-tu pas ?


Sources

La première version de cette chanson (Un jour à la Croix-Rouge) se trouve dans Mémoires de Vidocq (tome 3, 1829) ; elle est souvent reprise, avec des variantes mineures mais parfois nombreuses. Une autre version, incomplète et différente dès la première ligne (Un soir à la Croix-Rouge), se trouve dans Chabot (Charles). Une infirmerie de prison.
Esnault, DHAF, la qualifie de « chanson lyonnaise, 1811 » (pour quelle raison ?).

Vidocq 1828-1829 (Ternon, t.3)

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Chabot 1834

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Compléments

  • Il existe une version anglaise : On the Prigging Lay (1829, H. T. R., dans Vidocq’s Memoirs, 1828-9, 4 vols. [1])

Liens

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