Barbier (Auguste) et Royer (Alphonse). Cric, croc, doubleurs et mions

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Titre : Cric, croc, doubleurs et mions
Auteur : Barbier (Auguste) et Royer (Alphonse)
Date : 1830, 1832
NbEditions : 2
EnLigne : 1832 (GL)
NbMots :
Mots clés : source
Type : chanson
Contributeurs : gb
Discussion

Barbier et Royer : Cric, croc, doubleurs et mions

Texte

Texte et traduction d’après la version donnée dans [Auguste Barbier et Alphonse Royer], Les mauvais garçons. Paris, Eugène Renduel, 1832 (deuxième édition), tome 2, pp. 132-133

Cric, croc, doubleurs et mions !
Trut, trut, argotichons !

Dedans la parfonde et la piolle,
Blons tretous avec la rapiolle,
Et gourdement fichons la colle
Tant que le gliner nous entrolle.

Cric, croc, etc.

Péchons ! à la veine couchante,
Issons de l'Abbaye ruffante,
Et si n'entrons par la luisante,
Débridons lourde sans tournante.

Cric, croc, etc.

Mais qu'aucun blesche ne rouscaille,
De peur que dessus la muraille,
Martin Rouaut, qui nous mouchaille,
Crie au vinaigre sur nouzaille.

Cric, croc, etc.

Car il nous chault que pie nous arde,
Bourrer solir, paver gueularde,
Et quand pitanchons la rouillarde,
Baudement fêter la rivarde.

Cric, croc, etc.

Mais, foin du ruffe et de la boue !
Gardons qu'au sasbre on ne nous cloue
Et qu'on nous voye faire la moue,
A la sourdelle ou sur la roue.

Une grimace et un triple hocquet terminèrent dignement cette petite composition bachique, et la bande joyeuse reprit le chœur, à grand renfort de poumons et de mâchoires :

Cric, croc, doubleurs et mions !
Trut, trut, argotichons !

A notre santé, filous et voleurs !
En avant, en avant, argotiers !

Dans la cave et la taverne,
allons tous avec la fille,
et soyons bons vivans,
jusqu'à ce que le diable nous emporte.

A notre santé, etc.

Enfans, au coucher du soleil,
sortons du four chaud ;
et si nous n'entrons pas par la fenêtre,
ouvrons la porte sans clef.

A notre santé, etc.

Mais qu'aucun apprenti ne parle,
de peur que par-dessus le mur
l'archer qui nous guette,
ne crie au voleur sur nous.

A notre santé, etc.

Car nous aimons que le vin nous réchauffe,
bourrer notre ventre, emplir notre bissac ;
et quand nous buvons la bouteille,
caresser joyeusement la fille.

A notre santé, etc.

Mais fi du feu et de la boue !
prenons garde qu'on ne nous cloue
à un arbre, et qu'on nous voie faire la moue
à la potence ou sur la roue.

A notre santé, etc*.

*Tous ces détails sont exacts ; voir la note sur l'argot, à la fin de l'ouvrage.


Sources

La chanson de Jean de Metz, Cric, croc, doubleurs et mions, se rencontre la première fois dans [Auguste Barbier et Alphonse Royer], Les mauvais garçons, t.2, Paris, Renduel, 1830. Ouvrage réédité en 1832. Elle est reproduite dans Galtier-Boissière 1952.

Barbier et Royer (1832)

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