Lasphrise (Marc de). Accipant du Marpaut

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Titre : Accipant du Marpaut
Auteur : Lasphrise (Marc de)
Date : 1597
NbEditions :
EnLigne : 1597 (Gall.) ; Clerici Balmas, 1988 (GL)
NbMots :
Mots clés : source
Type : chanson
Contributeurs : gb
Discussion

Lasphrise : Accipant du Marpaut

Texte

Sonnet en authentique langage soudardant

Accipant du Marpaut la Galiere pourrie,

Grivolant porte-flambe enfile le trimart,
Mais en dépit de Gille, ô Gueux, ton Girouart,
A la mette on lura ta biotte conie.

Tu peux gourd piailler me credant et morfie,

De Lornion, du Morme, et de l'oygnan criart,
De l'Artois blanchemin que ton riflant chouart
Ne rive du courrier l'andrimelle gaudie.

Ne ronce point du sabre au mion du taudis,

Qui n'aille au Gaulfarault, Gergonant de tesis ;
Que son journal oflus n'empoupe ta fouillouse.

N'embiant on rouillarde, et de noir roupillant,

Sur la gourde fretille, et sur le gourd volant,
Ainsi tu ne luras l'accolante tortouse.

D’après la version donnée dans Marc Papillon de Lasphrise, Diverses poésies, édition critique avec introduction et notes par Nerina Clerici Balmas, Genève, Droz, 1988, pp. 121-122

Sonnet en authentique langage soudardant.

N'Accipe du Marpault la Galiere pourrie,

Grivolant porte-flambe enfile le trimart,
Mais en despit de gille, ô Gueux, ton Girouart,
A la mette on lura ta biotte conie.

Tu peux gourd piailler me credant & morfie,

De Lornion du Morme : & de l'oygnan criart,
De l'Arthois blanchemin que ton riflant chouart
Ne rive du courrier l'andrimelle gaudie.

Ne ronce point du sabre au mion du taudis,

Qui n'aille au Goulfarault, Gergonant de tesis
Que son iournal oflus n'empoupe ta fouillouse.

N'embiant on rouillarde, & de noir roupillant,

Sur la gourde fretille, & sur le gourd volant,
Ainsi tu ne luras l'accolante tortouse.

D’après l'édition originale donnée dans Les premières oeuvres poétiques du Capitaine Lasphrise. À Paris, Pour Jean Gesselin, rüe S. Iacques, à l'enseigne sainct Marrin, & et en sa boutique au Palais, en la gallerie des prisonniers. M.D.XCVII. [1597], p. 459.


Traductions

P. Blanchemain (1870)

Fuis du badaud l'ignoble paresse ; / soldat porte-flamberge, enfile ton chemin ; / mais en dépit de ta finesse et de ta beauté, / pauvre diable que tu es, ta carcasse ira pourrir dans un trou.
Tu peux boire ton saoul à crédit, te régaler / de chapon, de mouton et de cochon criard, / manger du pain blanc. Mais que ton gaillard membre / ne fasse pas l'oeuvre de chair avec la femme du bourgeois.
Ne roue point de coups de bâton le garçon du logis, / qui irait rapporter contre toi à ton capitaine ; / ne remplis point ta bourse de son gain journalier.
Bois gaîment ta bouteille, et va dormir la nuit / sur une botte de paille dans ton large manteau ; / c'est ainsi qu'on évite de se faire mettre la corde au cou.

Source : éd. Nerina Clerici Balmas, p. 122 (note)

Barrère (1889)

Cette chanson et cette traduction se trouvent-elles dans l'éd. de 1887 ?

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Source : Barrère 1887

Delesalle (1896)

Ayant reçu de l'hôtelier une mauvaise jument, / Grivolant, porte-épée, poursuis ta route. / Mais en dépit de Gille (fuyard), ton patron, ô gueux, / Au matin on verra ta bête morte.
Tu peux bien boire, crois-moi, et mange / Du chapon, du mouton et de l'oignon bruyant, / Du pain blanc. Que ton ardent bracquemart / N'encloue la jolie fille du courrier.
Ne rosse point du bâton le garçon d'auberge, / Qu'il n'aille se plaindre de toi au patron, / Que son portefeuille au jeu (de cartes) n'emplisse ta poche.
En voyageant on boit, et dormant de nuit / Sur la bonne paille, et sur le bon manteau, / Ainsi tu ne verras pas la corde qui étrangle.

Source : Delesalle 1896, p. XI

Chautard (1931)

Ayant reçu de l'hôtelière une mauvaise jument, / Grivolant porte-épée, poursuis ta route, / Mais en dépit de Gille, ton patron ô gueux, / Au matin on verra ta bête morte.
Tu peux bien boire, crois-moi, et mange / Du chapon, du mouton et de l'oignon bruyant, / Du pain blanc [et] que ton ardent bracquemart / N'encloue la jolie fille du courrier.
Ne rosse point du bâton le garçon d'auberge, / Qu'il n'aille se plaindre de toi au patron, / Que son portefeuille au jeu (de cartes) n'emplisse ta poche.
En voyageant on boit, et dormant la nuit / Sur la bonne paille, et sur le bon manteau, / Ainsi tu ne verras pas la corde qui t'étrangle.

Source : Chautard 1931, p. 116

L'Analphabète (Intermédiaire des chercheurs, mars 1955)

Ayant volé la jument fourbue d'un cul-terreux, / maraudeur porte épée, reprends vite la route ; / Mais en dépit de Gilles, ton porte-veine, ô gueux / au matin, on retrouvera ta bête crevée.
Tu peux boire comme un sourd, crois-moi et manger / du chapon, du mouton et de l'oignon péteux, / du pain blanc. (Mais) que ton chaud braquemart [/] n'empale, d'un passant, la femelle toute éjouie.
Ne rosse point du bâton le garçon de l'auberge, / afin qu'il n'aille pas se plaindre au gargotier ; / que son portefeuille n'emplisse point ta poche.
Vide les bouteilles à l'étape, et dors la nuit / sur la paille épaisse, dans un manteau épais / ainsi tu ne te verras jamais la corde au col.

Source : éd. Nerina Clerici Balmas, p. 122 (note)

Jacques Cellard (1985)

Empruntant la jument pourrie d'un pauvre diable, / Grivolant porte-épée, prend la route ; / Mais en dépit de Gille, ton patron, ô gueux ! / On verra au matin ta bête crevée.
Tu peux bien boire, crois-moi, et manger / De l'oie, du mouton ; et du beurre, / Et du pain blanc. Que ton engin en feu / N'engrosse pas la fille du valet !
Ne rosse pas à coups de bâton le garçon de la maison, / Qu'il n'aille pas se plaindre de toi au patron ; / N'empoche pas son salaire de la journée aux cartes.
En allant en compagnie d'une bouteille, en dormant la nuit / Sur de la bonne paille ou une bonne couverture, / Tu ne connaîtras pas la corde pour te pendre.

Source : Cellard 1985, pp. 39-40

Nédélec (1995)

Recevant de l'homme une mauvaise jument, / Grivolant (soldat libéré) porte-épée, prends la route ; / Mais en dépit de Gilles, ô gueux, ton (saint) patron (?), / À la fin (?) on verra ta bête morte.
Tu peux bien boire, crois-moi, et mange / Du chapon, du mouton, et de l'oignon criard (?), / Du pain blanc ; que ton ardent braquemard / Ne baise la joyeuse fille de l'hôte.
Ne rosse (?) point du bâton le garçon de la maison, / Qu'il n'aille parler de toi au garde-champêtre ; / Que son salaire au jeu (de cartes) n'emplisse ta bourse.
En voyageant avec une bouteille, et en dormant la nuit / Sur la bonne paille, et sur le bon manteau, /Ainsi tu ne verras pas la corde qui serre le col.

Source : Nédélec 1995

Sources

La première version de cette chanson se trouve dans l'édition de 1597. Quelques variantes dans l'édition de 1599 (dont s'est probablement inspirée celle de Clerici Belmas.

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